Le gisement de Ghara djebilet n’est pas une découverte nouvelle, ce gisement date des années 60 au moins. Des études importantes ont été entamées depuis plusieurs années et même avant l’indépendance, notamment par la SONAREM dans les années 60 et 70 et posent deux problèmes majeurs.

Le premier est celui chimique puisque que le fer est associé au phosphore (1) ce qui implique pour son exploitation un traitement chimique de réduction du phosphore (une usine chimique) pour en extraire le fer exploitable.

Le second est d’ordre géographique puisque le gisement est situé au Sud de la ville de Tindouf (une centaine de KM) est en conséquence pose le problème de son évacuation par train soit en direction de l’atlantique à travers le Sahara occidental (RASD) ou en direction du port d’Oran (sur 2.000 KM.

Ces deux problèmes remettent en cause sa rentabilité au regard des prix mondiaux de fer sur le marché international.

En effet, l’usine de traitement n’est pas un inconvénient technique mais nécessite une étude sérieuse sur ce qu’elle implique en terme de localisation, d’énergie, d’eau, de base vie… Sur le volet évacuation le passage vers l’Atlantique pose un problème géopolitique par rapport au conflit entre le Maroc et la république Arabe Sahraoui, qui est loin de trouver une solution négociée entre les deux parties du conflit, dure depuis 1975, après l’annexion manu militari de ce territoire par le Maroc (marche verte). Il est donc nécessaire d’introduire toutes ces données pour avoir une vision stratégique sur ce gisement.     

L’exploitation de ce gisement (à ciel ouvert durant plusieurs années) fera de notre pays un des grands exportateurs (Suède, Brésil, Maurétanie…) de fer pour de longues années sans compter la satisfaction des besoins nationaux qui pour l’instant est  réalisée par le marché mondial pour l’essentiel de ses besoins.

Ce gisement va non seulement minimiser la facture des importations mais également permettre d’augmenter nos réserves de changes en exportant ce minerai brut ou transformé (en produits métallurgiques).

 Le premier acte fondamental est certainement le renforcement de la recherche minière qui devra couvrir l’ensemble du territoire national. Ensuite, il faut évaluer les mines exploitables, en terme de rentabilité financière et en termes écologiques (pollution directe et indirecte).

En outre, l’investissement dans l’exploitation minière est très coûteuses ce qui doit nous orienter vers des partenariats “gagnant gagnant ” avec des pays (Chine) ou des entreprises internationales fiables et professionnelles (know how).

L’industrie minière fait partie des industries structurantes ce qui signifie qu’elle appelle à d’autres investissements en amont et en aval, ce qui nécessite une stratégie à moyen et long terme, dans le domaine et surtout de ne pas se tromper sur les décisions à prendre et à entreprendre.

Cette industrie est pourvoyeuse d’emploi dans les trois compartiments des cadres de la maîtrise et de la main d’œuvre qualifiée et non qualifiée. 

Mourad Goumiri

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(1) Le phosphore est l’élément chimique de numéro atomique 15, de symbole P. C’est un membre du groupe des pnictogènes. Le corps simple phosphore se présente sous plusieurs formes de couleurs différentes : blanc-jaune, rouge et violet-noir. Très pur, le phosphore « blanc » est transparent ; plus généralement il est blanc ambré, légèrement malléable avec une faible odeur d’ail. Les formes rouge et noire peuvent se présenter en poudre ou cristallisées. En raison du fait qu’il est indispensable à la vie et d’une consommation mondiale qui pourrait dépasser les ressources disponibles avant une centaine d’années, l’ONU et divers scientifiques le classent comme matière première minérale critique, qu’il faudrait apprendre à économiser et mieux recycler.