Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, s’apprête à annoncer la démission de son gouvernement, a déclaré son ministre de la Santé lundi, six jours après l’explosion meurtrière qui a détruit une partie de Beyrouth et exacerbé une grave crise politique, économique et sociale dans le pays.

Le cabinet formé en janvier avec l’appui du Hezbollah, le parti-milice chiite soutenu par l’Iran, s’est réuni dans la journée et de nombreux ministres ont souhaité démissionner, selon plusieurs sources ministérielles et politiques.

Hassan Diab devrait s’adresser à la nation à 19h30 (16h30 GMT) et annoncer la démission collective du gouvernement, a déclaré à Reuters le ministre de la Santé Hamad Hassan.

L’explosion de quelque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années sur le port de la ville a fait au moins 158 morts et plus de 6.000 blessés mais elle a aussi ravivé la colère d’une large partie de la population après des mois de crise politique et économique.

Après ceux de l’Information et de l’Environnement dimanche, la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, ont démissionné lundi. Le ministre des Finances, Ghazi Wazni, a également préparé sa lettre de démission, ont rapporté les médias locaux.

“C’est tout le régime qui doit changer”, a déclaré à Reuters Joe Haddad, un ingénieur. “Un nouveau gouvernement ne fera aucun différence. Ce qu’il faut, ce sont des élections rapides.”

Hassan Diab a annoncé samedi qu’il allait demander la tenue d’élections législatives anticipées.

La colère de la population libanaise s’est manifestée ce week-end lorsque des milliers de personnes se sont rassemblées à Beyrouth pour dénoncer la corruption et la mauvaise gestion des services publics par une élite politique accusée de détourner à son profit les finances publiques.

Les manifestations du week-end étaient les plus importantes depuis le début en octobre du mouvement de protestation contre la crise économique.

Dimanche, les donateurs internationaux du Liban ont promis d’envoyer rapidement et sans condition près de 253 millions d’euros d’aide à Beyrouth. Mais ils ont précisé que la poursuite de leur soutien dépendrait de la mise en oeuvre de réformes institutionnelles.