La Banque mondiale revient également sur le coût économique de cinq années de guerre en Syrie. A la mi-2014, les dommages au stock de capital en Syrie s’élevaient entre 70 et 80 milliards de dollars, selon une estimation de la BM.

 

Le coût de la remise en état des infrastructures en Libye est estimé à 200 milliards de dollars sur les dix prochaines années. C’est ce qu’a affirmé la Banque mondiale dans son dernier bulletin trimestriel d’information économique consacré à la croissance économique dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

La Banque mondiale revient également sur le coût économique de cinq années de guerre en Syrie. A la mi-2014, les dommages au stock de capital en Syrie s’élevaient entre 70 et 80 milliards de dollars. « Les pays voisins de la Syrie (Turquie, Liban, Jordanie, Irak et Égypte) ont supporté la plus grande part de l’impact économique de la guerre. Les coûts pour ces cinq pays approchent les 35 milliards de dollars en perte de production, sur la base des prix 2007, soit l’équivalent du PIB de la Syrie en 2007 », précise le document.

Selon une évaluation provisoire de la BM des dommages survenus dans six villes syriennes (Alep, Dar’a, Hama, Homs, Idlib et Lattaquié) et sept secteurs (logement, santé, éducation, énergie, eau et assainissement, transports et agriculture), le coût de ces dégâts se situait dans une fourchette comprise entre 3,6 et 4,5 milliards de dollars à la fin de 2014.

« Non seulement les guerres civiles ont causé d’innombrables dommages humains et matériels, mais elles ont provoqué une des pires crises de déplacements forcés depuis la Seconde Guerre mondiale », constate Shanta Devarajan, économiste en chef de la BM pour la région Mena.

« Le chômage est élevé chez les réfugiés, surtout parmi les femmes, et ceux qui ont un emploi travaillent souvent sans aucune protection dans le secteur informel. Au Liban, environ 92% des réfugiés syriens n’ont pas de contrat de travail et plus de la moitié d’entre eux sont embauchés de manière saisonnière, à la semaine ou à la journée pour des salaires minimes », poursuit l’économiste.

Des années de progrès réduites à néant

La persistance des conflits et des violences ont réduit à néant des années de progrès dans le domaine de l’éducation en Libye, Syrie, au Yémen et en Irak, indique encore la BM. En Syrie, la guerre civile a empêché plus de la moitié (50,8 %) des enfants d’âge scolaire d’aller à l’école en 2014-2015. Au Yémen, le nombre de pauvres est passé de 12 millions avant la guerre à plus de 20 millions aujourd’hui, soit 80% de la population.

Selon les calculs de la BM, l’arrivée de plus de 630.000 réfugiés syriens coûte plus de 2,5 milliards de dollars par an à la Jordanie, soit 6% de son PIB et un quart de ses recettes publiques annuelles. « Un règlement de paix en Syrie, en Iraq, en Libye et au Yémen pourrait entraîner un rapide rebond de la production pétrolière, qui permettrait à ces pays de disposer d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire, d’améliorer leur balance des paiements courants et de stimuler leur croissance économique à moyen terme. Ce qui, en outre, aurait des retombées positives sur les pays voisins », estime Lili Mottaghi, auteur du rapport et économiste pour la région MENA à la BM.

Stimuler la croissance par le passage à la démocratie

Si les conflits s’apaisent dans la région, un passage pacifique à la démocratie stimulera la croissance économique en encourageant l’investissement, la scolarisation, les réformes économiques et la fourniture de biens publics et en réduisant les troubles sociaux, insiste la Banque.

Selon les estimations de la BM, la mise en place de régimes démocratiques à part entière dans les pays de la région MENA porterait le taux de croissance moyen du PIB à 7,8% en l’espace de cinq ans contre environ 3,33% en l’absence de transition démocratique.