Pour Lies Kerrar, El Aurassi et Saidal devraient être mieux cotées à la Bourse d’Alger (Ph. N. Rondeleux)

Le PDG de Humilis Finances, M.Liès Kerrar qui était l’invité de Radio M, la radio web de Maghreb émergent est, au cours des dernières années un des principaux animateurs du débat économique national sur la réforme et la modernisation du marché financier dont il est, à la tête de son entreprise, également l’un des protagonistes.

 

A propos de L’ambitieux programme d’introduction en bourse d’une cinquantaine d’entreprises dans les 5 prochaines années, annoncé récemment par les pouvoirs publics , Liès Kerrar rappelle que ce programme et ces objectifs « sont sur la table depuis près de 3 ans » et qu’il s’agit maintenant de « mener les actions pour l’appliquer. ». L’ampleur de l’appel à l’épargne que ces nombreuses entreprises vont effectuer risque d’être considérable au regard de la taille actuelle du marché financier algérien. Il dépendra en premier lieu du niveau d’ouverture du capital des entreprises qui sera retenu par les pouvoirs publics. Liès Kerrar élargit la réflexion en rappelant que les 20% d’ouverture du capital sont en fait « le minimum légal pour la cotation d’une entreprise en Bourse ». Il souligne surtout que cette question renvoie à des enjeux plus importants qui sont, d’une part, les « objectifs en matière de taille critique du marché financier algérien » et, d’autre part, l’ « l’enjeu essentiel de la gouvernance des entreprises concernées, qui doit évoluer vers plus de transparence et plus de performances économiques » .
Le rôle des investisseurs institutionnels
En dépit de ses ambitions élevées, les chances pour ce programme de trouver un écho favorable auprès des épargnants ne sont cependant pas négligeables,:« Le public a toujours très bien réagi aux appels à l’épargne mais il reste encore sur sa faim, pour ceux qui ont franchi le pas, en raison de l’absence d’animation du marché .». Dans ce domaine, le rôle des IOB est essentiel et Humilis Finance a constitué un dossier auprès de la COSOB qui attend, espère t’il, un agrément prochain.
Pour Liès Kerrar les délais de réalisation de ce programme ne sont pas l’aspect le plus important. Il faut surtout s’assurer que « les opérations soient bien menées » . Il s’attend d’abord à ce que le Trésor « instruise les investisseurs institutionnels » pour jouer le rôle de locomotive et ouvrir la voie à l’épargne des particuliers qui n’a jamais été aussi importante. Pour Liès kerrar « les banques et les compagnies d’assurances publiques mais également les caisses de retraite ou d’assurance chômage ont un rôle essentiel à jouer dans l’animation du marché financier pour lequel elles n’allouent aujourd’hui aucun montant, leurs excédents de trésorerie étant placés en totalité en Bons du Trésor».
L’expertise nationale est disponible

Pour accompagner les entreprises vers leur admission en Bourse le Pdg de Humilis finance exprime le souhait que les pouvoirs publics fassent appel, en priorité, à l’expertise financière nationale qui est aujourd’hui bien présente dans le secteur; même s’il n’exclut pas l’éventualité d’appels d’offre nationaux et internationaux. Liès Kerrar défend cette idée avec vigueur en considérant qu’il est aujourd’hui « très important de faire appel à l’expertise nationale qui est disponible et qui a déjà fait ses preuves». Le cabinet de conseil qu’il dirige a d’ailleurs accompagné beaucoup d’entreprises publiques dans les emprunts obligataires réalisés au milieu de la dernière décennie, et plus récemment, l’entrée en Bourse de NCA Rouiba. Le patron de Humilis Finance considère qu’une telle démarche « permettra de consolider les firmes locales existantes». Pour Liès Kérrar, le recours à des banques d’affaire étrangères pourrait en revanche se justifier « en cas d’ouverture de la Bourse d’Alger à des investisseurs étrangers, ce qui n’est pas encore le cas ». Le raisonnement est identique dans le cas du capital risque encore sous développé et pour lequel le pdg de Humilis plaide en faveur de la constitution de fonds d’investissements privés ou mixtes aux côtés des fonds publics existants toujours en phase de démarrage et dont les bilans de l’activité sont encore fort modestes. »
Désigné pour représenter le FCE au sein d’un Conseil National de la Fiscalité, de création récente et dont la première réunion est attendue, Liès Kerrar se félicite de la naissance d’une institution de concertation régulière sur ce thème entre les opérateurs économiques et les pouvoirs publics. Il défend depuis quelques années, au sein de l’organisation patronale aussi bien que dans différents Think tanks nationaux, l’idée d’une vaste réforme de la fiscalité dont l’objectif principal est de développer progressivement les ressources ordinaires de l’Etat grâce à une mise à plat et une simplification de la fiscalité algérienne ainsi qu’à « un élargissement de l’assiette fiscale aujourd’hui trop concentrée sur un nombre réduit de contribuables ».