Le GNL algérien : de gros investissements et des marchés qui deviennent incertains.

Le groupe énergétique français Engie est revenu une nouvelle fois sur la polémique sur la défaillance des livraisons de gaz algérien à la France.

 

Après avoir pointé des  problèmes de production du groupe algérien Sonatrach pour honorer  ses engagements dans l’approvisionnement en gaz dans le sud-est de la France, en pleine vague de froid, Engie estime que la rupture des livraisons de gaz depuis l’Algérie est intervenue suite à des difficultés de Sonatrach à liquéfier son gaz.

La Sonatrach « a connu des difficultés techniques dans ses propres capacités d’envoi de gaz naturel liquéfié. Ils n’ont pas pu nous livrer les bateaux de GNL qui arrivent à Fos-sur-mer, dans le Sud-Est », a expliqué lundi la directrice générale d’Engie, Isabelle Kocher, cité par l’AFP.

Ces problèmes de la Sonatrach sont intervenus « non pas dans la production de son gaz mais dans la liquéfaction de son gaz », dans le fonctionnement de ses terminaux, a insisté la directrice générale d’Engie. Le directeur général de GRTgaz, Thierry Trouvé, avait évoqué mardi un « problème de production » de l’Algérie.

Le volontarisme de Sonatrach

Engie assure en outre que Sonatrach fait « l’impossible » pour reprendre ses livraisons de GNL vers le terminal français de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône). Sonatrach a « bien pris la mesure de l’enjeu » pour la France en cette période de grand froid et ils « font l’impossible » pour remédier à cette situation, a fait valoir Mme Kocher.

Le gestionnaire du réseau de transport de gaz GRTgaz, filiale d’Engie, avait alerté la semaine dernière sur la situation « assez préoccupante » de l’approvisionnement en gaz dans le sud-est de la France, en pleine vague de froid, du fait notamment du quasi-arrêt des livraisons de gaz depuis l’Algérie.

Le groupe Sonatrach avait réagi via une source anonyme pour démentir cette information. Cette source expliquait qu’il s’agissait d’une demande française pour un approvisionnement en quantités supplémentaires de gaz, mais Sonatrach « est dans son droit de décliner cette demande en raison de ses engagements avec d’autres clients ».

 De son coté, le ministre de l’Energie, Noreddine Bouterfa a réagi d’une manière lapidaire à cette information. « Nous, à notre niveau, nous n’avons aucun problème…maintenant pourquoi voulez-vous qu’on s’inquiète à la place des Français? », a répondu M. Bouterfa aux journalistes qui l’interrogeaient jeudi en marge d’une cérémonie célébrant la signature d’une convention entre Sonatrach et deux autres groupes publics.