Le nombre d’heures de travail perdues dans le monde au cours du premier semestre 2020 est largement supérieur à ce qui avait été prévu, et il existe un risque de voir se poursuivre les pertes d’emploi à grande échelle, a averti l’Organisation internationale du Travail (OIT), une agence spécialisée des Nations Unies basée à Genève.

Selon la nouvelle édition de l’Observatoire de l’OIT “La COVID-19 et le monde du travail”, le nombre d’heures travaillées dans le monde au deuxième trimestre 2020 a chuté de 14%, ce qui équivaut à 400 millions d’emplois à temps plein (sur la base d’une durée hebdomadaire de travail de 48 heures).

Ce pourcentage constitue une nette détérioration par rapport aux estimations de la précédente édition publié en mai, qui prévoyait une baisse de 10,7% (305 millions d’emplois).

Ces nouveaux chiffres reflètent une aggravation de la situation dans de nombreuses régions au cours des dernières semaines, en particulier dans les économies en développement.

“Les décisions que nous prenons maintenant rejailliront sur les années à venir et au-delà de 2030,” a déclaré le directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

“Bien que les pays se trouvent à des phases différentes de la pandémie et que beaucoup ait déjà été fait, il nous faut redoubler d’effort si nous voulons sortir de cette crise en meilleure forme que lorsqu’elle a commencé,” a-t-il ajouté.

Au niveau régional, les pertes d’heures de travail au cours du deuxième trimestre étaient de 18,3% dans les Amériques, 13,9% en Europe et en Asie centrale, 13,5% en Asie et dans le Pacifique, 13,2% dans les Etats arabes, et 12,1% en Afrique.

L’organisation a également constaté que les travailleuses avaient été particulièrement touchées par la pandémie, ce qui créait le risque de voir anéantis certains des modestes progrès accomplis au cours des dernières décennies en matière d’égalité entre hommes et femmes, et s’aggraver les inégalités entre les sexes.

Parmi les défis principaux à venir sont de protéger et promouvoir les conditions des groupes vulnérables, défavorisés et particulièrement touchés pour faire en sorte que les marchés du travail soient plus justes et plus équitables, a conclu l’OIT.