Le gouvernement italien a annoncé ce mercredi la création d’un fonds de 200 millions d’euros, pour aider plusieurs pays d’Afrique à freiner les flux de migrants clandestins qui tentent le continent européen via la péninsule.

 

Prévu par la loi de finances 2017, ce « fonds Afrique » vise à éviter les départs, a indiqué le ministre italien des Affaires étrangères Angelino Alfano, lors de la signature du décret activant le dispositif. Distinct de l’enveloppe habituellement consacrée à la coopération au développement, ce nouveau fonds est dédié à « la lutte contre le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine », a précisé le ministre, cité par l’AFP.

La création de ce fonds italien intervient deux jours avant le prochain sommet informel des Chefs d’État et de gouvernement européens (sauf Royaume-Uni) qui se tiendra le 3 février dans la capitale maltaise, La Valette, et où la question de l’immigration clandestine figurera à l’ordre du jour.

Il ne s’agit pas de construire un mur en Méditerranée

Les trois pays les plus concernés par la mesure, la Libye, le Niger et la Tunisie, sont des points de départ ou de transit d’une grande partie des migrants qui arrivent depuis plusieurs années par milliers sur les côtes italiennes.

Les sommes versées aux États pourront être consacrées à la formation des forces de sécurité, à des équipements ou à des instruments techniques visant à renforcer les « frontières extérieures » de l’Italie. « Nous ne construisons pas de mur en Méditerranée, nous ne pourrions pas le faire et nous ne le ferons pas », a cependant insisté Angelino Alfano, faisant allusion à la politique du nouveau président américain Donald Trump en matière d’immigration.

« Nous donnons de l’argent à ces pays mais ils doivent en retour utiliser cet argent pour réduire le nombre de migrants clandestins qui arrivent chez nous », a-t-il ajouté.

« Nous leur demandons une grande loyauté, une loyauté vis-à-vis de l’Italie qui sauve des centaines de milliers de vies et qui finance le dispositif ».

L’Italie souhaite étendre cette collaboration à d’autres pays dont le Nigeria, le Sénégal, l’Égypte ou l’Éthiopie.

Alors qu’elle a vu débarquer sur ses côtes en 2016 plus de 180 000 migrants, un nombre record, l’Italie a réaffirmé en début d’année son intention d’augmenter les rapatriements de personnes déboutées du droit d’asile et de clandestins.

Réunis à Malte les 11 et 12 novembre 2015 à La Valette, à Malte, les dirigeants européens avaient convenu d’apporter une aide financière au continent africain en contrepartie d’efforts destinés à freiner les arrivées de migrants irréguliers en Europe.

Offrir des perspectives économiques aux Africains

Environ un an plus tard, le mercredi 14 septembre 2016, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, annoncé le lancement d’un plan d’investissement pour l’Afrique qui permettrait d’offrir des perspectives économiques aux Africains qui pourraient les faire réfléchir avant de tenter la périlleuse traversée de la Méditerranée ou de l’Atlantique pour rejoindre le Vieux continent à bord d’embarcations souvent précaires.

Selon lui, l’UE allait lancer « un plan ambitieux d’investissement pour l’Afrique et son voisinage, qui a le potentiel de lever 44 milliards d’euros d’investissement ». Une somme qui pourrait être doublée « si les États membres de l’UE y contribuent ».

Ce plan pour l’Afrique fonctionnerait sur le même modèle que le fonds d’investissement Juncker, lancé en 2015 et destiné aux pays européens. Dans les deux cas, les investisseurs privés et publics sont incités à injecter de l’argent dans différents projets, grâce à des garanties de crédit offertes par le budget de l’UE. En contrepartie, il s’agit aussi d’obtenir des pays africains, comme cela a été fait avec la Turquie, qu’ils luttent davantage contre les passeurs et acceptent beaucoup plus de « réadmissions » de leurs ressortissants.