Pour les pharmaciens, il y a bien pénurie (DR)

Une réunion est prévue ce dimanche entre les pharmaciens et  la CNAS et la CASNOS. Motif : demander le retrait du projet d’abrogation des majorations du prix du médicament générique et fabriqué localement.

 

Les pharmaciens interrogés à Alger ont souligné samedi que le recours à une grève nationale n’est pas exclu si la rencontre prévue dimanche entre le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), Messaoud Belambri et la CNAS et la CASNOS n’aboutirait pas au retrait du projet d’abrogation des majorations du prix du médicament générique et fabriqué localement.

Il est rappelé que le communiqué de jeudi dernier diffusé par le président du SNAPO cosigné avec Dr Abdelouahed Kerrar, président de l’UNOP, et la présidente de l’ADPHA, Mme Hassiba Boulmerka est clair sur les motivations de cette montée au créneau.

Réunis au sein de la Fédération algérienne du médicament (FAM), ils demandent aux initiateurs de ce projet de ne pas abroger les majorations du prix du médicament et d’y surseoir car cela déstabilisera encore davantage une « filière pharmaceutique qui doit faire face, dans les conditions actuelles, aux menaces sérieuses liées aux conséquences néfastes de la chute sévère des revenus extérieurs du pays et aux aléas d’un environnement économique national de plus en plus tendu ». C’est à travers la  réunion prévue dimanche avec la CNAS et la CASNOS que le SNAPO va réitérer avec insistance cette demande du maintien de la majoration du prix du générique.

Si cette demande est refusée, les pharmaciens brandissent la menace de la grève nationale. Or, selon nos informations, la CNAS ne veut pas revenir sur sa décision de mettre fin au système de majoration de prix pour la vente de génériques et de produits de fabrication nationale.

Les pharmaciens implantés à Alger soulignent que d’autres professionnels du secteur à travers les 48 wilayas ont tenu des Assemblées générales pour pousser à la grève.

Le président du SNAPO ainsi que celui de l’UNOP, Dr Abdelouahed Kerrar, et la présidente de l’ADPHA, Mme Hassiba Boulmerka ont souligné jeudi dernier que cette majoration est partie intégrante du prix final aux consommateurs et qu’elle a été mise en place depuis quelques années afin d’inciter les pharmaciens d’officine à promouvoir auprès de leurs patients la consommation de médicaments génériques et, en particulier, ceux d’entre eux qui sont fabriqués localement. Pour l’instant, la CNAS maintient sa position et veut supprimer les avantages octroyés jusqu’à présent.

Une prime pour la promotion de l’industrie locale

La Fédération a expliqué que le prix final du médicament intégrait une majoration de 10% pour chaque produit générique commercialisé et une autre de 10% pour chaque produit fabriqué localement. Cette mesure a encouragé les pharmaciens à proposer le générique aux patients pour stimuler la consommation de médicaments moins coûteux.

La mesure est aussi une prime en faveur des pharmaciens ce qui a contribué au développement de l’industrie locale du médicament atteignant 50% d’autosuffisance, selon les pharmaciens indiquant que la suppression de ces avantages joue en faveur des laboratoires étrangers et des importateurs.

La mesure permettait aussi de corriger en partie le désavantage d’un système des marges qui était affiché en valeurs relatives (pourcentage d’un prix de base) et qui, de ce fait, désavantageait clairement la commercialisation des produits aux prix les plus bas qui sont, précisément, les médicaments génériques et ceux qui sont produits localement.