La finance islamique peine toujours à démarrer dans les pays à majorité musulmane. C’est le cas de l’Afrique du Nord où  la consommation des services de la finance islamique ne dépasse pas les 3%.  En cause : un très faible taux de bancarisation et une limitation réglementaire du champ d’intervention des banques islamiques.

 

La finance islamique, un marché naissant, ne parvient pas à décoller dans son environnement naturel : l’Afrique du Nord. Moins de 3% des adultes de la région déclare, en effet, utiliser actuellement un service bancaire conforme à la charia, selon une étude menée par l’institut américain Gallup sur la finance islamique dans quatre pays de l’Afrique du Nord : Algérie, Maroc, Tunisie et Egypte et un pays du moyen Orient : le Yémen. Cependant, l’étude révèle qu’environ la moitié (48%) des adultes déclare avoir entendu parler de banques islamiques dans leur pays.

L’étude menée en 2012 auprès d’un échantillon de 1000 adultes de plus de 15 ans, note une certaine préférence pour les services de la finance islamique (45 %) chez les personnes interrogées quand bien même ils sont plus chers que ceux des banques conventionnelles (27 %). Ils sont 54% au Maroc à déclarer leur préférence pour les services bancaires de la finance islamique, 49% en Algérie et  31% en Tunisie. Ainsi, les Marocains sont les plus susceptibles de choisir le prêt conforme à la charia, tandis que les Tunisiens sont les plus susceptibles d’opter pour le prêt conventionnel.

Faible taux de bancarisation

L’institut Gallup ne mentionne pas les raisons à l’origine de la stagnation de la finance islamique dans la région. L’étude fait le lien entre le taux de bancarisation de la région Afrique du Nord Moyen-Orient (MENA), parmi les plus faibles au monde (17 %).

Ainsi, un relèvement du taux de bancarisation peut contribuer, selon l’étude de Gallup, à booster la demande aussi bien pour la finance islamique que conventionnelle. Selon les spécialistes, la stagnation de la finance islamique dans la région de l’Afrique du Nord est aussi imputée à l’absence des textes régissant la finance islamique ainsi que la limitation réglementaire du domaine d’intervention des établissements exerçant dans ce segment du système financier. Ce qui limite par conséquent la familiarisation des clients potentiels avec les services de la finance islamique.

Présentée comme une alternative au système financier mondial frappé par une crise d’éthique après la crise économique de 2008, la finance islamique ne  pèse que 1 %  du total des actifs financiers mondiaux, soit entre 1400 et 1700 milliards de dollars.  L’industrie bancaire islamique est  tirée principalement  par la Malaisie et les pays du Golfe ; le nombre des institutions financières a dépassé 600, opérant dans 75 pays. Selon les analystes, la finance islamique a de bonnes perspectives avec une croissance à deux chiffres et un énorme potentiel de développement dans les pays du Maghreb et du Machrek.