Le marché automobile algérien est en voie de réorganisation.

Pour Mourad Oulmi, président de l’association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A), la disposition prévue dans le nouveau cahier des charges, relative à l’obligation d’investissement dans une activité industrielle ou semi-industrielle (fabrication de pièce de rechange ou montage de véhicules), aura des retombées positives sur l’économie du pays.

 

Les concessionnaires automobile activant en Algérie se disent, pour la plupart, « favorables » au nouveau cahier des charges devant régir cette activité et dont l’entrée en vigueur est prévue pour les prochaines semaines.

Rencontrés au 18ème salon international de l’automobile, qui se tient du 18 au 28 mars au Palais de expositions (Alger), ces opérateurs ont affirmé à l’APS qu’ils soutenaient la nouvelle démarche du gouvernement quant à la réorganisation du marché de l’automobile qui vise notamment à octroyer plus de « transparence » à cette activité et à développer le segment de l’industrie mécanique à travers la sous-traitance. Ce qui va donner un nouveau souffle à l’industrie mécanique locale, selon eux.

Associés dans l’élaboration du nouveau cahier des charges, en cours de finalisation au ministère de l’Industrie, plusieurs concessionnaires s’accordent à dire être prêts à l’application de toutes les mesures stipulées.

Mais ils préviennent des effets de certaines dispositions, à savoir l’augmentation des prix des véhicules neufs en raison des équipements de sécurité supplémentaires dont ils doivent être obligatoirement dotés.

 

« Une réglementation dans l’intérêt des consommateurs et de l’économie nationale »

 

Pour Mourad Oulmi, président de l’association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A), la nouvelle réglementation va préserver et renforcer les intérêts non seulement des consommateurs algériens mais aussi de l’économie nationale.

Selon lui, la disposition prévue dans le nouveau cahier des charges, relative à l’obligation d’investissement dans une activité industrielle ou semi-industrielle (fabrication de pièce de rechange ou montage de véhicules), aura des retombées positives sur l’économie du pays.

« Si nous arrivons à fabriquer la pièce de rechange dont la facture pèse très lourd sur la facture à l’importation, ce sera un grand gain pour toute l’économie puisqu’on aura réduit les importations, créé des milliers de postes d’emplois, généré de la valeur ajoutée et développé nos exportations hors hydrocarbures », espère-t-il.

Se gardant de donner les détails, ce concessionnaire de marques européennes fait savoir qu’il a déjà entamé les démarches pour développer une activité industrielle dans ce créneau, relevant qu’un certain nombre d’avantages sont accordés en matière de foncier et de financement.

Au sujet de l’acquisition du foncier industriel, M. Oulmi affirme ne pas avoir connu de contraintes. Pour lui, les opérateurs « doivent juste sortir d’Alger » et voir les terrains disponibles à travers le territoire national.

De son côté, le directeur général du pôle Automotive du groupe Cevital, qui représente des marques asiatiques et européennes, M. Omar Rebrab, indique que son groupe va lancer, dans trois mois, une nouvelle unité de fabrication de vitrerie automobile dont la production sera destinée au marché national et à l’exportation.

Ce groupe, qui va également se lancer dans la fabrication de la tôlerie auto dans son usine sidérurgique acquise dernièrement en Italie, est en cours de négociations avec trois marques européenne, sud-coréenne et chinoise, pour implanter des usines de montage et, éventuellement, de construction de bus et de camions en Algérie, selon M. Rebrab.

Sur un autre plan, il s’interroge si tous les concessionnaires seraient prêts à équiper les véhicules de tous les équipements exigés par le nouveau cahier des charges.

« Il est probable que certains véhicules ne puissent pas être forcément équipés des nouveaux équipements de sécurité exigés, et ce, au moins dans le moyen terme », avance, pour sa part, Patrick Coutellier, directeur général du groupe Saida qui représente des marques françaises de véhicules. Il estime, par contre, que la nouvelle réglementation va permettre aux concessionnaires d’être « plus efficaces » et de se repositionner dans leur segment de marché approprié.

De son côté, le représentant en Algérie d’une marque française, M. Pierre Foret, qui salue l’initiative du gouvernement de réorganiser le métier de la concession automobile, assure l’engagement de son groupe à des investissements.

Présent en Algérie à l’occasion du salon de l’auto, le membre du directoire du groupe de cette marque, M. Jean Christophe Quemard, qui a fortement salué la démarche de l’Algérie pour développer son secteur industriel, estime que pour aller dans cette direction, « il faut que les constructeurs, qui font cet effort de l’intégration et de l’industrialisation, reçoivent une certaine protection et certains avantages surtout que l’industrie automobile est un métier à  risque ».