Les barbelés de Melilla (ph. : Globe).

Il s’agit de la troisième plus importante tentative d’immigration irrégulière vers le territoire espagnol depuis le Maroc.

 

Selon la préfecture espagnole de Melilla, plusieurs centaines d’immigrants subsahariens installés sur le territoire marocain ont tenté dimanche à l’aube d’escalader la muraille de grillages métalliques séparant le Maroc de l’Espagne, au niveau de l’enclave de Melilla.  »La tentative a débuté à 03H30 GMT dimanche, lorsqu’un groupe d’environ 500 immigrants d’origine subsaharienne a essayé de franchir la triple barrière grillagée, haute de sept mètres, érigée tout autour de la ville », indique le communiqué de la préfecture espagnole. Une centaine de Subsahariens ont escaladé la grille principale, mais ils sont finalement repartis « vers l’intérieur du Maroc », précise-t-il encore.

Cette tentative a été bloquée par la Guardia civil espagnole (gendarmerie) et des forces auxiliaires marocaines, qui ont empêché les migrants d’escalader les grilles protectrices du territoire espagnol.

Le 14 juin dernier, un millier de ressortissants subsahariens avaient tenté d’entrer à Melilla, mais leur tentative avait été avortée par l’intervention des forces marocaines et espagnoles. Le 18 du même mois, environ 400 autres étaient revenus vainement à la charge. Environ 500 migrants subsahariens avaient réussi fin mai dernier à entrer en Espagne lors d’un des assauts les plus importants depuis celui de 2005 (plus d’un millier de migrants).

 

L’Espagne demande une subvention européenne

 

Pour lutter contre ces assauts, les Espagnols ont demandé à l’Union européenne (UE) plus d’argent, notamment afin d’agrandir les centres d’accueil, dont la capacité est insuffisante. L’UE a annoncé une enveloppe de 10 millions d’euros.

De son côté, le Maroc, critiqué pour la violence de ses services de sécurité par les ONG de défense des droits de l’homme, a annoncé la construction de barrières métalliques pour isoler l’enclave espagnole de Melilla. Selon le président de l’Association Rif des droits de l’homme (ARDH), Chakib Khyari cité par la presse marocaine,  »ces barrières seront hautes de cinq mètres (…) et seront surmontées de lames ».

Les ONG marocaines et internationales de défense des droits des migrants avaient dénoncé ce projet. Selon ces organisations, cette frontière de barbelés servira  »les activités des mafias spécialisées dans le trafic en tout genre », notamment celui des personnes, et va obliger les migrants subsahariens à emprunter de nouvelles routes beaucoup plus risquées.