La « Coalition marocaine pour la justice climatique » vient de voir le jour à Rabat à l’initiative d’organisations, associations, syndicats, réseaux de la société civile et mouvements sociaux marocains, réunis dans le cadre d’une concertation nationale en perspective de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques prévue du 8 au 17 novembre 2016 à Marrakech (COP22).

 

« Convaincus de l’importance et des enjeux de l’étape sur les perspectives de la lutte pour la justice climatique, et partant de la volonté commune de faire converger nos efforts, dans le respect de notre diversité, il a été décidé de constituer la Coalition Marocaine pour la Justice Climatique », indiquent les initiateurs de cette coalition dans un communiqué.
Selon la même source, la tenue de la COP22 au Maroc offre aussi l’occasion de renforcer le débat public sur l’ensemble des enjeux liés à l’environnement et au climat (eau, déchets, préservation de la biodiversité, désertification, pollutions, etc.), d’évaluer les politiques publiques en la matière en vue de donner un nouvel élan sur une question vitale pour l’avenir des populations, d’autant plus que le Maroc est engagé dans des programmes ambitieux dans le domaine des énergies renouvelables et non fossiles.
Pour le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, la COP22 permettra d’approfondir le partenariat entre les gouvernements et les entreprises en matière de lutte contre le changement climatique. La singularité des COP 21 et 22 est qu’elles sont axées sur le renforcement du partenariat entre les gouvernements, les collectivités locales, les entreprises et la société civile, a relevé le chef de la diplomatie française lors d’une rencontre sous le thème « De la COP 21 à la COP 22 », organisée lundi au siège du patronat français Medef à Paris.
Il a fait savoir que la France et le Maroc vont préparer ensemble la suite de la COP 21, ainsi que la réussite de la COP 22. La COP 22 sera l’occasion de compléter les importantes décisions prises en décembre dernier dans la capitale française, a ajouté M. Fabius, également président de la COP 21.
Pour sa part, la ministre française de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal a indiqué que « la lutte contre le changement climatique est bel et bien possible puisqu’il y a des pays comme le Maroc qui sont déjà à l’avant-garde ».
Dans un entretien accordé au journal marocain francophone « L’économiste », elle a jouté : « La France vient d’organiser la COP21 et va transmettre, à la fin de l’année, la présidence de ce sommet mondial sur le climat. Il est donc très important que nous puissions montrer ensemble que les coalitions sur les énergies renouvelables, qui ont été décidées à Paris en marge de la COP21, sont réelles et concrètes ».
Pour l’expert canadien, Jean-Louis Roy, président du think-tank Partenariat International, le Maroc, président de la COP22, est « un formidable relais de la cause africaine en ce temps d’inclusion dans l’économie mondiale des exigences de la durabilité du système naturel planétaire ». Il a relevé que « la COP22 sera sous la présidence africaine. En conséquence, les concertations et revendications des gouvernements et de la société civile du continent trouveront normalement des échos favorables à Rabat chargé de préparer la suite de la fructueuse rencontre de Paris ».
En effet, le Marpc, qui s’est fixé l’objectif d’atteindre 42% de la puissance électrique installée à base d’énergie renouvelable en 2020, a levé la barre plus haut en le portant à 52% à l’horizon 2030.
L’annonce faite par le roi Mohammed VI du Maroc, à l’ouverture de la COP21 de Paris, place le Maroc au rang des pays leaders au monde en matière d’énergies renouvelables. Le pays aura à développer entre 2016 et 2030 une capacité additionnelle de production d’électricité de sources renouvelables de plus de 10.000 MW. Cette capacité additionnelle de production d’électricité de sources renouvelables sera répartie entre le solaire 4.500 MW, l’éolien 4.200 MW et l’hydraulique 1.300 MW.