Le plus grand complexe solaire thermodynamique (CSP), baptisé Noor I, a été inauguré jeudi à Ouarzazate dans le sud-est du Maroc par le roi du Maroc Mohammed VI, qui a aussi procédé au lancement officiel des travaux de réalisation de la deuxième et troisième centrales de ce mégaprojet (Noor II et Noor III).

Ces trois projets, combinés à une dernière phase photovoltaïque (Noor IV), feront de Noor Ouarzazate le plus grand site de production solaire multi-technologique au monde avec une capacité de 580 MW et un investissement total supérieur à 24 milliards de dirhams (environ 2,4 milliards d’euros), sans compter les infrastructures communes développées par l’Agence marocaine de l’énergie solaire (Masen) et l’Office marocain de l’eau et de l’électricité (ONEE) pour les besoins des développeurs. Ces infrastructures servent les besoins de connexion électrique, de transport routier, d’adduction en eaux brute et potable, de drainage, de télécom, et de sécurité.
Le plus grand complexe d’énergie solaire au monde sera ainsi doté d’une capacité de 500 MW et exploitera l’énergie solaire au moyen de la technologie CSP. « Le site a été un référentiel important en termes de projets énergétiques développés au Maroc dans le contexte de la COP21 », explique une source proche du dossier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 500.000 plaques réfléchissantes incurvées sur 800 rangées, plantées sur 480 hectares de superficie. Cela équivaut à l’alimentation en électricité de 700.000 foyers marocains.
D’une puissance de 200 MW et une capacité de stockage de minimum sept heures, la centrale Noor II (810 millions d’euros) sera développée sur la base de la technologie CSP, avec capteurs cylindro-paraboliques et devra s’étaler sur une surface maximale de 680 ha. Mobilisant des investissements de l’ordre de 645 millions d’euros, Noor III placera définitivement le royaume à l’avant-garde technologique avec l’utilisation de la technologie tour thermo-solaire. Elle sera d’une capacité de 150 MW avec près de 8 heures de stockage. Cette technologie promet des performances encore meilleures.
D’une capacité de 160 MW en technologie thermo-solaire à capteurs cylindro-parabolique, la centrale Noor I est le premier site de production du complexe de Ouarzazate. Il s’agit d’un projet de production sous forme IPP (Independent Power Producer), développé sur une surface d’environ 480 hectares et une capacité de stockage de 3 heures à pleine puissance.
Ce projet a mobilisé des investissements de l’ordre de 7 millions d’euros. Il est censé permettre au Maroc de réduire de manière importante ses émissions de gaz à effet de serre. Sachant que le Maroc a adopté un plan solaire ambitieux qui lui permettra d’économiser 1 million de tonnes équivalents pétrole (TEP) de combustibles par an et d’éviter l’émission de 5,3 millions de tonnes de CO2. Selon les estimations du ministère marocain de l’Energie, le complexe permettra d’éviter l’émission de 240.000 tonnes de CO2 par an. Et même 522.000 tonnes quand Noor II et Noor III seront opérationnels.
Le projet Noor II est une centrale solaire basée sur la technologie de l’énergie solaire concentrée (ESC), d’une capacité de 200MW et utilisant des miroirs paraboliques avec un système de stockage thermique de 7,2 heures à sels fondus, alors que le projet Noor III est une centrale solaire de 150MW basée sur la technologie ESC, utilisant la technologie des centrales à tour avec une capacité de stockage à sels fondus de 8 heures. Les deux projets représentent la 2ème phase du complexe solaire Noor impulsé par Masen, créée en 2010 dans le cadre du Plan solaire marocain, dont le but est de produire un minimum de 2 gigawatts d’énergie solaire, ce qui équivaut à environ 14% de la capacité de production installée du Maroc en 2020. Grâce à cette stratégie, le Maroc ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 52% de la capacité énergétique produite à l’horizon 2030.