Marino Maganto, le directeur général d’Ikea Maroc.

Pour le360.ma, la véritable raison de ce blocage est la volonté de faire pression sur le gouvernement suédois pour qu’il ne reconnaisse par la République arabe sahraouie démocratique. Dans un communiqué publié jeudi dernier, l’ambassade de Suède au Maroc avait indiqué que « le gouvernement suédois procéd[ait] à une analyse interne de la politique de la Suède sur le Sahara occidental, à la lumière de l’intérêt porté pour cette question au sein de la société suédoise ».

 

 

Le suédois Ikea, géant mondial de l’ameublement, n’a pas ouvert son site de Zenata le 29 septembre comme prévu. Une opposition de dernière minute de la justice marocaine, pour absence de certificat de conformité, a bloqué l’ouverture du centre commercial de l’enseigne suédoise.

Pour le site d’information marocain le360.ma, réputé proche du Palais royal, la véritable raison de ce blocage est tout autre.

 »Le projet Ikea Maroc a été bloqué suite à une réunion d’urgence qui s’est tenue lundi 28 septembre à la primature, sous la présidence du chef de gouvernement Abdelilah Benkirane », indique ce site, selon lequel  »les leaders de huit partis nationaux, majorité et opposition comprises, ont assisté à cette réunion consacrée à la question nationale ». Et,  »en représailles contre la position du gouvernement social-démocrate suédois de reconnaître l’entité séparatiste [la République arabe sahraouie démocratique, NDLR], il a été décidé de reconsidérer les intérêts de ce pays au Maroc », rapporte encore le360.ma.

Il est à préciser que Stockholm n’a pas encore reconnu la RASD mais que des députés du Parti social-démocrate suédois des travailleurs ont déposé début septembre denier une proposition de loi pour la reconnaissance de la RASD.

A Rabat, l’ambassadeur de Suède a indiqué jeudi dernier, dans un communiqué envoyé à la presse locale, que « le gouvernement suédois procéd[ait] actuellement à une analyse interne de la politique de la Suède sur le Sahara occidental, à la lumière de l’intérêt porté pour cette question au sein de la société suédoise ».

Déjà, en  »décembre 2012, un texte de loi avait déjà été voté dans ce sens mais avait été rejeté par le gouvernement », relève le Huffington Post Maroc.

Chez Ikea, on se contente d’affirmer que le groupe ne fait pas de politique.  »Ikea ne fait pas de politique », a déclaré au Huffington Post Maroc Marino Maganto, le directeur général d’Ikea Maroc.

Le centre commercial d’Ikea-Maroc s’étend sur 26.000 m2. Il est situé à Zenata, entre Casablanca et Mohammadia.

 

Promesse de 400 emplois directs et 1.000 emplois indirects

 

Les Marocains, des mordus de la ‘’bricole’’ et du montage en kits, devront ainsi patienter et attendre le vote du parlement suédois sur la question sahraouie.

Lors d’une conférence de presse au mois d’août dernier annonçant l’ouverture de son centre commercial au Maroc, Ikea avait annoncé qu’il ferait son entrée dans ce pays via SYH Morocco, filiale du groupe koweitien Al Homaizi, qui représente l’enseigne au Koweït et en Jordanie.

L’implantation d’Ikea au Maroc représente un investissement de 40 millions d’euros.  »Nous sommes actuellement en train de constituer nos équipes. Cette première ouverture va générer 400 emplois directs et 1.000 emplois indirects », avait annoncé, lors de cette conférence de presse, Marino Maganto.

Près de 300 fournisseurs marocains ont été identifiés et interviendront dans différents domaines (alimentaire, artisanat, textile…).

Le groupe suédois est spécialisée dans la conception et la vente en détail de mobiliers et objets de décoration prêt-à-poser ou à monter en kit. Le chiffre d’affaire annuel de ses 315 magasins dans le monde a atteint 23,1 milliards d’euros en 2014. Il est présent en Afrique depuis 2013, année de l’ouverture de sa franchise en Egypte.

 

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