En dépit d’un début d’année sous de bons auspices, la Bourse de Casablanca a annulé l’ensemble des gains amassés et clôture l’exercice 2015 dans le rouge. Après avoir renoué avec la hausse en 2014, la place boursière casablancaise s’est inscrite, à partir du 10 mars 2015, dans un engrenage baissier continu, confirmant, ainsi, la nécessité de mettre en place de véritables catalyseurs à même d’assurer la relance du marché.

Selon les analystes d’Upline Securities, cette reprise reste tributaire d’une vraie dynamique économique, notamment des secteurs cotés, laquelle contribuerait à restaurer la confiance des investisseurs, améliorer les performances financières des sociétés cotées pour les rendre plus attractives et encourager les introductions en Bourse pour une meilleure atomicité du marché.
“Car si les opérateurs du marché pouvaient légitimement anticiper un rebond en 2015, s’appuyant en cela sur un apaisement des tensions sur les liquidités, une légère reprise de l’économie et une baisse des taux obligataires, les perspectives pour l’année en cours demeurent mitigées, compte tenu de la conjonction de plusieurs facteurs”, estime la société de bourse.
Elle a mis en avant, dans ce sens, une croissance économique qui s’annonce relativement faible, plombée, notamment, par une saison agricole peu favorable, un attentisme persistant des institutionnels locaux qui préfèrent rester cash plutôt que d’investir sur le marché action, et des places financières voisines très compétitives par rapport à celle du Maroc.
Toutefois, la filiale du Groupe Banque Populaire n’a pas manqué de souligner le niveau de valorisation qui devient très attractif, notamment, pour quelques valeurs, un rendement obligataire qui devrait demeurer à des niveaux bas, ainsi que le lancement attendu du marché à terme, après le récent changement du statut de la Bourse et démutualisation de son capital. Tout un ensemble de facteurs qui pourrait jouer en faveur de la relance du marché boursier en 2016.
Dans une déclaration à la MAP, l’analyste financier au Crédit du Maroc Capital (CDMC), Othmane Benassila, a noté, à ce propos, que la Bourse de Casablanca demeure toujours en attente des retombées positives de la démutualisation du Capital de la société gestionnaire, ainsi que l’accélération de l’approbation des textes relatifs au marché financier.
Le nouveau tour de table compte désormais les banques (39 pc), la Caisse de Dépôt et de Gestion (25 pc), les sociétés de bourse (20 pc), les compagnies d’assurance (11 pc), ainsi que Casablanca Finance City (5 pc). Une nouvelle étape qui devrait en principe aider à améliorer la liquidité sur le marché.
A cela s’ajoute aussi la mise en place de l’Autorité marocaine du marché des capitaux avec des prérogatives plus étoffées que l’actuel Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM), ce qui pourrait insuffler une nouvelle dynamique à la Place, qui entame 2016 sur une note hésitante, et redonner confiance aux investisseurs aussi bien marocains qu’étrangers, a relevé M. Benassila.
En effet, le Masi, qui a été dubitatif à la première semaine de l’année, n’est pas parvenu à confirmer le dépassement haussier des 8 .900 points et revient au test de sa zone de support des 8.800 points, plaçant ainsi sa performance year-to-date (YTD) à -0,99 pc.
Selon les pronostics du CDMC, “la cote casablancaise devrait maintenir son incursion dans le territoire négatif durant l’exercice 2016, marquant, ainsi, un retour salutaire et tant attendu aux fondamentaux des sociétés cotées”.
Dans le même sillage, les analystes d’Upline Securities “restent prudents quant à l’évolution du marché, en termes de stratégie d’investissement et recommandent, dans ce sens, d’investir, sur un horizon moyen terme, dans des valeurs offrant le couple rendement upside le plus intéressant”.
Pour la société de bourse, l’investissement court terme s’avère assez risqué pour le moment, même avec une stratégie de stock picking adéquate, du fait du manque de liquidité qui sévit sur le marché.