La Banque centrale marocaine a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,25%, au terme de sa deuxième session de l’année 2019 tenue mardi à Rabat, a annoncé un communiqué de l’institution d’émission.
Sur la base de l’évaluation, notamment des prévisions à moyen terme de l’inflation, de la croissance, des comptes extérieurs, des conditions monétaires et des finances publiques, « le Conseil de BAM a jugé que le niveau actuel du taux directeur de 2,25% reste approprié et a décidé de le maintenir inchangé », a indiqué la même source.
Lors de cette réunion, le Conseil de la Banque centrale a noté que l’inflation a été faible au cours des quatre premiers mois de 2019, avec une diminution en glissement annuel de l’indice des prix à la consommation de 0,1% en moyenne, expliquant que cette baisse est attribuable à celle des prix des produits alimentaires à prix volatils et, dans une moindre mesure, des prix des carburants et lubrifiants.
Ces facteurs impacteront l’évolution de l’inflation sur l’ensemble de l’année, la ramenant à 0,6% après avoir atteint 1,9% en 2018.
Selon les estimations de la Banque centrale, l’inflation s’accélérerait à 1,2% en 2020, tirée par sa composante sous-jacente qui, soutenue principalement par la reprise prévue de la demande intérieure, s’établirait à 1,5% après 0,8% prévue en 2019 et 1,1% en 2018.
Par ailleurs, la Banque centrale souligne que les données provisoires des comptes nationaux annuels indiquent un ralentissement de la croissance à 3% en 2018 après 4,2% un an auparavant, avec une décélération de 15,2% à 4% pour le secteur agricole et de 2,9% à 2,6% pour les activités non agricoles.
S’agissant du marché du travail, la Banque centrale assure que l’économie nationale a créé entre le premier trimestre de 2018 et le même trimestre de 2019, 15 mille postes contre 116 mille un an auparavant, précisant que l’agriculture a enregistré une perte de 152 mille emplois, alors que les secteurs non agricoles ont créé 167 mille postes, dont près de 40% dans le commerce de détail.
Pour ce qui est des opérations financières, la Banque centrale indique que les recettes d’IDE devraient osciller autour d’un montant équivalent à 3,4% du PIB et les entrées au titre des prêts connaîtraient des augmentations notables, avec deux sorties attendues du Trésor à l’international, l’une en 2019 et l’autre en 2020.