Des blessés, dont certains atteints au visage, sont à déplorer lors de la manifestation de soutien aux prisonniers et militants du mouvement rifain  »Hirak », organisé samedi soir par des femmes à Rabat.

 

Selon Khadidja Ryadhi, présidente de l’Association marocaine de défense des droits humains (AMDH), il y a eu  »une violence disproportionnée » et  »hystérique » contre les manifestantes et même les passants, devant le Parlement, à Rabat. Un collectif de femmes avait lancé jeudi un appel pour un grand rassemblement vendredi 7 juillet à Casablanca et samedi 8 juillet à Rabat en soutien aux militants et prisonniers du Hirak.  »Conscientes de l’importance que jouent les femmes dans le Hirak du Rif et au vu de l’arrestation de la chanteuse du mouvement Silya, nous, femmes marocaines, appelons à faire du mois de juillet un mois placé sous le signe de la lutte pour la libération des prisonniers politiques du Hirak », indique un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Usage hystérique de la force

A Rabat, sur l’avenue Mohamed V, en face du Parlement marocain, les manifestantes, dont de vieilles femmes en tenue ‘’rifaine’’, ont été tabassées, et même les passants, selon des militants d’ONG, ont été eux aussi bastonnés, certains violemment. Des femmes ont été également malmenées et traînées par terre, selon des images vidéo du rassemblement.

Ce sit-in a été marqué par ‘’une répression brutale de la part des forces de l’ordre’’, a tweeté Ryadhi. Sur plusieurs photos et vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, on peut voir des femmes à terre après avoir été frappées.

 »C’est une marche de soutien avec les femmes du Rif, avec sylia, pour la libération de Sylia, la libération des prisonniers du Rif, et tous les prisonniers politiques d’une manière générale », a déclaré Khadidja Ryadhi, sur son compte Twitter.  »C’est un rassemblement pacifique, civilisé, mais il y a eu une répression féroce et hystérique, contre toutes les personnes venues participer au sit-in et même les passants », a-t-elle déclaré. Alors qu’elle faisait sa déclaration, un officier est venu et lui a intimé l’ordre de dégager de la place.  »Il y a eu utilisation disproportionnée de la force. Il y a eu des blessés, des militants de l’AMDH, dont Abdelhamlid Amin. Certains ont été atteints au visage », ajoute Khadidja Ryadhi. Et s’interroge:  »là, face à cette violence, on se demande s’il s’agit d’un gouvernement ou d’un gang, et forcément, il s’agit d’un Etat qui utilise des gangs contre le peuple et les enfants du peuple ».

Des ministres pour la libération des militants rifains

Au mois de juin dernier, près d’un million de personnes, selon les organisateurs, et plusieurs dizaines de milliers, selon la police, s’étaient rassemblées à Rabat, près de la médina à  »Bab El Had », pour demander l’arrêt des violences contre les militants du Rif et les populations d’Al Hoceima, la satisfaction de leurs revendications, et la libération des militants du Hirak.

Les procès des militants du Hirak se poursuivent depuis le mois de juin. Nasser Zefzafi, le leader du mouvement, arrêté fin mai à Al Hoceima, doit comparaître demain lundi, 10 juillet devant le tribunal de première instance de Casablanca. Les militants du Hirak sont notamment poursuivis pour  »atteinte à la sécurité intérieure ». Ils risquent de lourdes peines de prison.

Plusieurs leaders politiques et des ministres, dont Nabil Benabdallah (Habitat) et Mustapha Ramid (Droits de l’Homme) ont appelé à la libération de tous les militants du Hirak.