L’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC) organisera un sit-in le mardi 25 juin devant le parlement marocain pour faire activer l’adoption du projet de loi sur l’avortement par l’institution législative, a rapporté la presse locale.
Selon le président de l’AMLAC, Chafik Chraibi, des poupées seront déposées par terre dans la rue devant le parlement pour symboliser ce qui se passe quand ces femmes sont réduites à vivre ce cauchemar d’abandonner un enfant.
Pour rappel, le texte en question avait été adopté en mars 2016 par le conseil de gouvernement et actuellement, il est en discussion au parlement.
M. Chraibi déplore le fait que ce projet soit discuté à la commission de la justice au lieu de la commission de la santé. Ce qui pose problème dans la mesure où l’avortement sera toujours criminalisé et ne prendra pas en compte la santé de la femme.
Après avoir été discuté en commission au parlement, il devra passer à un vote en plénière à la chambre des représentants, puis, enfin, à la chambre des conseillers pour être adopté de manière définitive.
Pour lui, les Marocaines ont de plus en plus recours aux avortements traditionnels à savoir les plantes, l’introduction d’objets pointus ou brûlants dans l’utérus, les coups sur l’abdomen. Ces pratiques sont très dangereuses pour la santé de la mère (hémorragie, perforation du col, infection généralisée, stérilité…) et ne garantissent pas un avortement systématique.
Pour celles qui ont décidé de ne pas se faire avorter, bon nombre d’entre elles abandonnent leur enfant dans la rue. Dans le cadre de la prévention, l’association mène chaque année une campagne nationale pour sensibiliser les femmes à l’importance de la prise de la pilule du lendemain.
Il est à signaler que le projet de loi autorise les avortements dans des cas bien précis: pour les victimes de viol ou d’inceste, en cas de troubles mentaux de la mère ou de malformation fœtale.