Me Khaled Bourayou qui a qualifié de « véritable forfaiture judiciaire » l’affaire des 465 kg de kif saisis à Béni Ouenif, à Béchar, revient sur l’Etat de la justice en Algérie. Invité du Café Presse Politique CPP de Radio M, il répond aux questions d’El Kadi Ihsane qui l’interpelle sur le  risque de la perte de la norme même du droit dans notre pays.

La figure emblématique du barreau dresse alors un tableau peu reluisant de  Dame justice. « La justice est frivole.

Il y a de la frilosité et de l’improvisation. » Lance l’avocat qui s’inquiète de l’état du droit en Algérie à la faveur des dernières évolutions, suite notamment aux graves violations de procédures qui ont entaché l’arrestation de journalistes, et le recours abusif à la détention préventive sinon la traque du cyber dissident Amir DZ laquelle a enclenché une vague d’arrestations dans tous les milieux pour déboucher ensuite sur de déconcertantes relaxes. « Un charivari », rappelle à juste titre El Kadi Ihsane qui ajoute que le phénomène a également touché la sphère politique et où les entorses aux règlements deviennent monnaie courante.  La justice est malmenée et la réforme de la justice telle qu’annoncée à l’orée de la présidence Bouteflika  n’a pas tenu ses promesses, laisse entendre l’invité de la petite radio du grand maghreb : « Au bout de quinze ans nous assistons à tout le contraire de ce qui devrait exister. »
Note ainsi Me Bourayou qui estime que cette même justice s’emballe. Outre l’exemple des journalistes et autres artistes qui ont été mis sous les feux de l’actualité, il se demande également : « Comment peut on mettre cinq généraux en prison en détention préventive et les  relâcher  au bout de quelques semaines seulement ? Il  y a quelque chose qui ne fonctionne pas ! La justice est un instrument au sein du pouvoir qu’on peut actionner à tout  moment et lui donner l’allure et la dimension qu’on
veut. » Poursuit-il sur le plateau de Radio M.