“Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux,

Prière et paix sur Son messager, les siens et ses compagnons jusqu’au jour du jugement dernier,

Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs, 

Je voudrais tout d’abord féliciter les organisateurs de cette célébration pour le choix de la ville d’Adrar, capitale de Touat, un choix fort en symbolique et signification.

Si nous avons commémorer, depuis quelque jours, la Journée nationale de nos valeureux Chouhada, nous nous retrouvons aujourd’hui sur les lieux du brasier qui a ravagé des centaines des enfants de notre peuple, martyrs et victimes des essais nucléaires menés par le colonialisme abject. Des essais dont les effets demeurent encore source de souffrance des enfants de la wilaya d’Adrar dont je salue la population.

A partir de cette wilaya, chère à nos cœurs, et en cette saison de commémorations historiques, nous nous inclinons, également, à la mémoire de nos glorieux Chouhada, tombés au champ de l’héroïque bataille de Timimoune et rendons hommage aux Moudjahidine de cette région que j’ai eu l’honneur de côtoyer durant la Guerre de libération, à l’époque de l’ouverture du front du Sud, qui partait d’ici aux territoires de la République du Mali, frère.

Sur les terres de l’aimée Adrar, j’adresse les salutations de l’Islam aux Zaouïas de cette pieuse région, qui à l’instar de toutes celles des autres contrées de l’Algérie, ont été des citadelles pour l’Islam orthodoxe, l’enseignement des préceptes du saint Coran et la préservation de l’unité de notre vaillant peuple.

Tout au long de notre riche histoire, Adrar n’a cessé d’être un centre reconnu d’où se lançaient les prêcheurs de notre religion sacrée vers les régions les plus reculées du continent africain pour y propager le message d’Allah et la Sunna de notre prophète (QSSSL).

Mesdames, Messieurs,

Votre honorable assistance se retrouve aujourd’hui à Adrar à l’occasion du 63e anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et du 48e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, deux évènements liés de par leur origine et leur finalité.

En effet, les braves travailleurs de l’Algérie avaient décidé, sous la conduite du Chahid Aissat Idir, de créer l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) afin d’encadrer et de mobiliser nos travailleurs en renfort aux rangs de la Glorieuse révolution de Novembre.

Ainsi, des dizaines de milliers de nos travailleurs ont fait partie des Chouhada et Moudjahidine de notre Glorieuse révolution. De même qu’ils ont été un facteur déterminant dans l’autonomie de décision de notre Révolution en étant derrière son financement, aussi bien à l’intérieur qu’en exil, pourvoyant l’Armée de Libération nationale (ALN) de fonds pour l’achat d’armes et le Front de Libération nationale (FLN) pour la prise en charge des familles des Chouhada et des enfants des réfugiés algériens en dehors des frontières de notre pays.

Telle est la noble organisation de l’UGTA, qui n’a de cesse été au rendez-vous chaque fois que l’Algérie fait appel à ses enfants pour la protéger contre une menace, et qui n’a pas manqué, encore une fois, d’être à l’avant garde du sursaut populaire qui a contribué à la sauvegarde de l’Algérie lorsqu’elle a été prise dans les tourments de la tragédie nationale.

Recueillons-nous, donc, à la mémoire du Chahid Abdelhak Benhamouda et de tous les martyrs du devoir national parmi nos travailleurs et travailleuses dans tous les corps, morts pour que l’Algérie continue à vivre, pour que les écoles demeurent ouvertes, les usines en activité et les hôpitaux à prodiguer les soins jusqu’à l’avènement du triomphe grâce aux lumières de la Concorde et la force de la Réconciliation.

Telle est également l’UGTA, qui a dirigé, des décennies durant, la grande bataille de l’édification en l’Algérie à travers la construction des routes, y compris dans le désert, la réalisation des barrages, des usines et de toutes les infrastructures de vie. La bataille qui a permis à l’Algérie du XXIe siècle de se rapprocher du niveau de développement des pays développés alors qu’elle était, un demi-siècle auparavant, un champ de désolation et de pauvreté extrême sous le joug du colonialisme barbare.

L’UGTA a joué un rôle décisif dans la nationalisation des hydrocarbures de notre pays le 24 février 1971.

En effet, les compagnies pétrolières étrangères ont pensé qu’il serait impossible pour les enfants de notre pays de gérer nos champs et nos complexes pétroliers et gaziers, mais la courageuse décision politique sous-tendue par la forte volonté de nos travailleurs et cadres ont permis à l’Algérie d’imposer sa souveraineté sur ses ressources hydrocarbures et de maintenir en activité ce secteur, qui est devenu et qui demeure la locomotive de l’économie nationale.

Mesdames, Messieurs

Lors des deux dernières décennies, l’Algérie a su combiner la richesse des hydrocarbures et la décision politique indépendante et conjuguer les bras et la volonté de ses loyaux fils.

Une fois le pays sorti des affres de la tragédie nationale et de la restructuration économique et sociale, nous nous sommes lancés dans le processus de construction et d’édification qui, peu à peu, a permis à l’Algérie de se libérer du fardeau de la dette extérieure, d’éloigner le spectre du chômage qui a failli asphyxier nos jeunes, et d’enrayer considérablement les manifestations de la misère et de la pauvreté grâce à la réalisation, à travers les quatre coins du pays, de milliers d’écoles, de centaines d’hôpitaux, de dizaines d’universités et de millions de logements.

Cette entreprise n’aurait pu être menée sans l’indépendance de notre décision politique et économique, qui nous a permis de surmonter les difficultés financières, ces dernières années. En outre, elle a été possible grâce à la paix sociale et à la mobilisation des travailleurs sous la bannière de l’Union nationale des travailleurs algériens (UGTA).

Mesdames, Messieurs

En célébrant, aujourd’hui, cette épopée nationale et les réalisations qui l’ont accompagné, nous demeurons conscients de tous les défis qui restent à relever.

Au volet sécuritaire, l’instabilité et les fléaux du terrorisme et du crime transfrontalier marquent notre voisinage immédiat et s’imposent à notre vaillante Armée nationale populaire (ANP), que nous saluons encore une fois. Cependant notre armée a besoin d’un peuple conscient, mobilisé et vaillant pour être un précieux appui et un solide bouclier afin de préserver la stabilité de notre pays.

Il est vrai que nous jouissons d’un progrès social et économique, mais nous demeurons, profondément, conscients de la nécessité de plus d’efficacité économique pour garantir la pérennité de notre choix sacré, celui de la justice sociale et de la solidarité nationale.

L’Algérie dispose du potentiel et des capacités lui permettant de gagner cette bataille, celle de l’édification et du développement et nous pouvons, à ce propos, méditer l’exemple de la wilaya d’Adrar.

En effet, le sous-sol de cette région confirme, année après année, l’immense potentiel qui nous reste, comme dans les champs gaziers de Reggan et de Timimoune, et les capacités découvertes ou à découvrir.

Dans cette wilaya, toujours, l’industrie est devenue une réalité palpable grâce à la cimenterie implantée au sud de cette ville, et qui exporte désormais vers nos voisins sud.

Innombrables sont également les possibilités de diversification de l’économie nationale en richesses minières, potentialités agricoles et compétences scientifiques qui n’attendent qu’une meilleure exploitation, avec davantage d’efficacité et de qualité, pour être source de revenus supplémentaires pour le pays.

Mesdames, Messieurs,

Cet exposé succinct sur les différentes étapes de l’histoire contemporaine de l’Algérie en matière de lutte et d’édification se veut une manifeste illustration de mon message, le message des vertus de la continuité.

La continuité qui fait que chaque génération apporte sa pierre à l’édifice des réalisations. Une continuité garantissant la persévérance dans la bonne voie et permettant de remédier aux erreurs marginales. Une continuité qui permet à l’Algérie de passer à la vitesse supérieure dans la course au progrès et à la prospérité.

Telle est la leçon que nous devons tous tirer de la célébration de ces deux mémorables dates, et telle est le moyen de témoigner notre fidélité à nos glorieux Chouhada, de veiller sur nos générations montantes et préserver notre Algérie bien aimée.

Gloire à nos valeureux Chouhada.”