Selon un rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), intitulé « Aperçu des conditions économiques et sociales récentes en Afrique », les performances de croissance économique de l’Afrique se sont modestement redressées en 2017 atteignant les 3,1%, après avoir atteint leur plus bas niveau depuis le début du siècle (1,6%). Ce rapport a été publié samedi en marge de la 51ème session de la Commission et de la conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique, qui se tient à Addis-Abeba du 11 au 15 mai 2018.

 

Selon le document, le continent africain « est la deuxième région à la croissance la plus rapide après l’Asie de l’Est et du Sud (6%), suivie de l’Europe du Sud-Est (2,2%) et de la région Amérique latine et Caraïbes ».

 

Pour les raisons de cette amélioration, aussi modeste soit-elle, mais prometteuse, les rédacteurs de du rapport précisent que « l’économie de l’Afrique s’est développée en raison de la légère hausse des prix des produits de base et de l’amélioration des conditions intérieures, grâce à une meilleure gestion macroéconomique et une croissance de la consommation privée ». Cette croissance s’est amélioré, malgré « des prix des produits de base relativement bas, des conditions météorologiques défavorables et des conditions économiques mondiales fragiles, qui ont affecté certains pays », souligne le rapport de la CEA.

D’autres raisons de cette légère croissance ont été cité dans le rapport de CEA. « La reprise dans certaines économies (comme l’Angola, le Maroc et le Nigéria) et la croissance soutenue dans d’autres économies (comme la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie et la Tanzanie) ont soutenu la croissance du continent ».

 

Cependant, les taux de croissance enregistrés en 2016 et en 2017 sont inférieurs à la cible de 7% des objectifs de développement durable et « ne peuvent réduire sensiblement la pauvreté sur le continent où 41% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ».

Le continent doit intensifier les efforts pour stimuler la croissance en soulignant l’importance des mesures visant à promouvoir une croissance partagée, à travers la transformation structurelle et la création d’emplois ».

Afin d’améliorer les performances économiques de l’Afrique et d’atteindre l’objectif de 7% mentionné précédemment, les experts de la commission économique pour l’Afrique recommandent que « la demande intérieure doit être renforcée. Les dépenses publiques en infrastructures doivent être augmentées de manière agressive pour combler le déficit d’infrastructure en Afrique. La hausse des investissements publics ne devrait pas entraîner de détérioration des équilibres budgétaires et les gouvernements africains doivent poursuivre leurs efforts pour consolider leur position budgétaire. L’amélioration de l’administration fiscale, la lutte contre les sorties illicites de capitaux et l’utilisation de liquidités excédentaires dans le secteur bancaire sont des sources potentielles pour financer l’investissement public, en particulier dans les infrastructures ».

 De Addis-Abeba, notre envoyé spécial