Mme Assoul a affirmé que le mouvement dont elle est la porte-parole vise aussi « à restituer au citoyen ses droits politiques indépendamment des considérations et des clivages idéologiques »

Zoubida Assoul, Présidente du UCP et porte-parole de Mouwatana, a déclaré, lors de son passage dans l’émission Offshore de Radio M., que l’Algérie a besoin de changer de système et non pas seulement d’empêcher Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat ou de le remplacer par un autre. En effet, au sujet du cinquième mandat auquel appellent tous les partis du pouvoir, du FLN, au RND, en passant par TAJ, l’ANR, El Karama et biens d’autres, elle a estimé que si cinquième mandat il y aurait, c’est l’intégrité même du pays qui est mise en danger en rappelant les viols successifs que Abdelaziz Bouteflika a fait subir à la Constitution et, symboliquement, au pays. « D’un point de vue constitutionnel, un cinquième mandat est illégal parce que le Président actuel a été élu pour son premier mandat dans le cadre de la Constitution de 1996 qui limite le mandat présidentiel à un seul renouvelable une fois. Quand il a amendé la constitution en 2008, il a recouru au Parlement et non à la population. D’un point de vue politique, son quatrième mandat est une faillite et un blocage total pour le pays.
Le cinquième mandat ne peut être que pire », a-t-elle soutenu. Selon elle, le remplacement de Bouteflika par un autre en maintenant le système tel qu’il est actuellement ne changera rien à la situation du pays. « Il faut qu’on change la nature du système et qu’on aille vers une Constitution consensuelle qui soit l’émanation direct » des citoyens algériens. Pour garantir la pérennité d’un nouveau système auquel nous aspirons, on doit mettre en place un Etat de droit et séparer, par des mécanismes effectifs et concrets, les pouvoirs juridique, exécutif et législatif. Au niveau de Mouwatana, on ne veut pas remplacer Bouteflika, on veut changer le système, » a-t-elle assuré.

« Restituer au citoyen son rôle politique »

Quant au niveau de conscience politique des Algériens et à l’avenir du pays, Zoubida Assoul s’est montré très optimiste. Toutefois, a-t-elle insisté, il est primordiale que les forces vives de la nation, notamment les élites, se mobilisent à la fois pour empêcher le système de se reconduire selon ses vieux reflexes autoritaires et antinationaux et pour construire une alternative citoyenne. « Il y a inadéquation totale, voire opposition absolue entre les aspirations des Algériens et les ambitions du système actuel. La situation est intenable. Il faut que tout le monde se mobilise pour y parvenir et c’est à cela qu’aspire Mouwatana qui est un mouvement ouvert sur toutes les sensibilités », a-t-elle affirmé. En effet, soutient-elle, le mouvement a été appelé Mouwatana (Citoyenneté) « parce que le citoyen est un acteur majeur qui a toujours été exclu de l’équation politique algérienne » et que le ce mouvement œuvre « à lui restituer ses droits politiques indépendamment des considérations et des clivages idéologiques ».
Par ailleurs, Mme Assoul a fait savoir que le fait de s’organiser dans le cadre d’un parti ou d’un mouvement politique est en soi une forme de résistance qui, à terme, peut amener le pouvoir à se réformer. « Le pouvoir n’aime que la société s’organise et fait tout pour l’en empêcher. Mais pas seulement, le pouvoir nous empêche nous aussi, les politiques, de nous rapprocher de la population en nous interdisant l’accès aux médias, y compris certains médias privés, aux salles et même à la rue. Le Mouvement Mouwatana a été violement empêché de rencontrer des Algériens à Constantine, à Alger, à Béjaia. Le pouvoir est résolu à empêcher tout discours discordant d’atteindre la société parce qu’il sait que cela signifie sa fin », affirme-t-elle.
C’est pourquoi, analyse-t-elle, « il n’y a que l’intervention du citoyen qui peut inverser le rapport de force actuellement favorable au système pour l’amener à négocier une transition politique vers la démocratie. »[embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=rFWtEYcR2sA[/embedyt]