La demande sur le Cachir, produit alimentaire devenu subitement un symbole de corruption et d’allégeance au pouvoir n’a pas décliné. Des producteurs de Cachir ont affirmé à Maghreb Emergent que leurs ventes n’ont pas été affectées en dépit de la symbolique attribuée à ce produit.

Cette réputation que s’est taillée le Cachir a pour origine le fameux rassemblement du parti FLN à la Coupole d’Alger, en février dernier, pour appeler  Bouteflika à briguer un 5e mandat. Au cours de cette journée et pour calmer la faim des participants à ce rassemblement, des sandwichs au Cachir ont été offerts.

Aucun producteur ou commerçant interrogé par Maghreb Emergent n’a déclaré avoir constaté une baisse des ventes de Cachir depuis février dernier.

« S’il y a eu une baisse des ventes, ce n’est sûrement pas à cause de la réputation donnée au Cachir par les Algériens », a déclaré Mme Hamdad, chargée de communication du groupe Bellat. La même responsable a affirmé que les clients de la marque n’ont pas réduit leurs demandes et continuent à appliquer l’habillage publicitaire de la marque à leurs camions.

Une bonne publicité pour le produit

Pour les propriétaires de cette marque de Cachir, cette histoire a plutôt eu l’effet inverse pour la marque. « On entend le nom de notre produit partout. Notre logo est fortement présent dans les publications (sur les réseaux sociaux), ce qui nous fait de la publicité gratuite », nous confie la chargée de communication du groupe Bellat qui affirme, au passage, que le Cachir distribué à la coupole le jour du rassemblement des partisans du FLN, n’était pas de la marque Bellat.

Même constat chez la société Mitidja, un autre producteur de Cachir. Sa responsable commercial nous a affirmé que cette histoire n’a pas eu d’impact négatif sur les ventes. « Cela n’a eu aucun impact sur notre activité. Nos clients sont toujours fidèles à nos produits, et la distribution se fait d’une manière très normale », nous a-t-elle affirmé.

Les commerçants ne se plaignent pas non plus de la nouvelle réputation du Cachir. Il est toujours bien présenté sur leurs étalages et les clients continuent à l’acheter sans complexe. « Le Cachir reste un produit comme les autres et l’acheter ne veut dire, en aucun cas, que nous sommes des lèche-bottes », nous dit un client rencontré dans une grande surface à Alger. « La qualité du Cachir, son prix ou ses différentes variétés, restent pour nous les seuls critères  qui nous poussent à l’acheter ou à nous abstenir », souligne une autre cliente.