Amnesty international a une nouvelle fois dénoncé le comportement des autorités marocaines dans la gestion du dossier des réfugiés Syriens, qu’elles ont bloqués dans un no man’s land aride aux frontières avec l’Algérie.

 

Le drame des réfugiés syriens près de la ville marocaine de Figuig, et de celle algérienne de Beni Ounif, se poursuit depuis avril dernier. En dépit de l’annonce de l’Algérie d’accueillir ces réfugiés à titre humanitaire, les autorités marocaines n’ont pas facilité leur transfert. Amnesty International a affirmé dans un communiqué que  »les autorités marocaines bafouent leurs obligations internationales en matière de protection des réfugiés en bloquant un groupe de 25 réfugiés syriens dans une zone désertique à la frontière entre le Maroc et l’Algérie, et en les privant de la possibilité de demander l’asile et de recevoir une aide humanitaire d’urgence. » Selon  »AI », la police des frontières marocaine  »n’a pour l’instant autorisé aucun groupe marocain de défense des droits humains ni aucune organisation humanitaire, y compris le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à se rendre sur place. »

 »En refusant aux réfugiés syriens la possibilité d’entrer en contact avec le HCR, les autorités marocaines bafouent leurs obligations internationales », a déclaré Heba Morayef, directrice des recherches pour l’Afrique du Nord à Amnesty International. Pour elle,  »ces personnes ont fui des massacres et des bombardements en Syrie et sont venues chercher la sécurité dans un autre pays. Les autorités marocaines doivent leur accorder le droit de demander l’asile. »

Les Réfugiés Syrien bien sur le sol marocain

Le 30 mai 2017, le HCR s’était dit profondément préoccupé par la  »détérioration rapide des conditions pour ce groupe de réfugiés syriens vulnérables », et a appelé les gouvernements marocain et algérien à leur permettre de passer la frontière en toute sécurité.

Mais, face à l’affirmation du gouvernement marocain que ces réfugiés ne se trouvaient pas sur son territoire, Amnesty International a établi à l’aide de ‘’données cartographiques, d’images satellites publiquement disponibles,  et à partir des données GPS qu’ils se trouvaient bien en territoire marocain.’’

 »Au lieu de renvoyer de force les réfugiés syriens dans une zone tampon aride et désertique, où leurs conditions de vie se dégradent, les autorités marocaines doivent de toute urgence leur apporter une aide humanitaire », rappelle Amnesty, qui a appelé le gouvernement marocain à autoriser les organisations humanitaires à se rendre sur place pour évaluer leurs besoins.  »Rien ne saurait justifier que l’on prive des réfugiés de l’accès à la nourriture et à l’eau », estime Heba Morayef. Les familles Syriennes bloquées à Figuig, selon le HCR, ont quant à eux refusé de se rendre en Algérie, et veulent se rendre au Maroc avec le statut de réfugiés.