L’inquiétude au sein de l’Opep devant la hausse de la production libyenne et nigériane a atteint son paroxysme, il y a quelques jours, lorsqu’un délégué de l’organisation a déclaré qu’un plafond pouvait être fixé au Nigeria et à la Libye, actuellement exemptés de l’accord de réduction de la production en raison de la situation d’instabilité dans laquelle ils se trouvent.

 

 

Le taux de conformité des membres de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) avec l’accord de réduction de la production pétrolière a été, au mois de juin dernier, très faible en comparaison avec les six mois précédents, a annoncé, jeudi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), citée par l’agence de presse Reuters. Il a chuté de 95%, en mai dernier, à 78% en juin, selon l’agence.

Sans donner de chiffres, l’AIE place l’Algérie parmi les pays n’ayant pas respecté la limite fixée par l’accord de réduction de la production, aux côtés de l’Equateur, du Gabon, de l’Irak et des Emirats arabes unis. L’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar et l’Angola ont respecté rigoureusement l’accord, quant à eux, mais sans pouvoir équilibrer la situation, poursuit la même source.

L’AIE attire l’attention sur le tout nouveau défi auquel fait désormais face l’Opep, à savoir la remontée spectaculaire des productions nigériane et libyenne. Deux pays membres de l’Opep mais qui avaient été exemptés de l’accord en raison de la situation d’instabilité dans laquelle ils se trouvent. Selon l’AIE, ces deux pays ont réussi à mettre sur le marché 700.000 barils/jour supplémentaires au cours de ces derniers mois.

L’inquiétude des autres membres de l’Opep devant cette hausse de la production libyenne et nigériane a atteint son paroxysme, il y a quelques jours, lorsqu’un délégué de l’organisation a déclaré qu’une limite de production pouvait être fixée au Nigeria et à la Libye.

« Nous envisageons de plafonner la production de la Libye et du Nigéria (…) Celle du Nigéria est un véritable casse-tête pour nous », a déclaré au Wall Street Journal ce responsable qui s’exprimait sous couvert d’anonymat.

Le peu d’engagement de certains membres de l’Opep combiné à l’augmentation de la production du Nigéria et de la Libye sont à même de semer le doute sur l’efficacité de l’accord de réduction de la production récemment reconduit en mai dernier jusqu’à mars 2018.

Cet accord, rappelons-le, impose aux membres de l’Opep de réduire leur production de 1,2 millions de barils par jour au moment où leurs partenaires, menés par la Russie, devraient réduire leur production de près de 600.000 barils par jour.

Par ailleurs, l’AIE dit s’attendre à une augmentation de la demande mondiale sur le pétrole durant la deuxième moitié de l’année annonçant un rééquilibrage du marché en 2018.