Lors de sa dernière réunion à Vienne, en janvier dernier, le comité de surveillance redoutait le non-respect des quotas de production fixés ; aujourd’hui, c’est surtout l’augmentation des stocks mondiaux d’or noir, principalement sous l’effet de l’augmentation de la production américaine, qui l’inquiète.

 

  

Le Comité de surveillance de la production des pays membres et non membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) se réunira les 25 et 26 mars 2017 au Koweït, dans un contexte marqué par une baisse des prix du pétrole et la tentation de prolonger l’accord de réduction de la production au sein de l’Opep qui arrive à expiration fin juin prochain.

Lors de leur dernière réunion à Vienne, en janvier dernier, les membres du comité de surveillance de la production de l’Opep redoutaient le non-respect des quotas de production fixés ; aujourd’hui, ils redoutent également l’augmentation des stocks mondiaux d’or noir, principalement sous l’effet de la progression de la production américaine.

L’accord relatif à la baisse de la production de l’Opep et de ses partenaires a été plus ou moins respecté, mais certains Etats ne semblent pas l’observer de façon rigoureuse. C’est là une question qui sera certainement débattue lors de cette rencontre des 25 et 26 mars prochains à Koweït City.

 

Les pays non-Opep n’ont pas réduit leur production dans les proportions convenues

 

Certains pays membres de l’Opep, tels que l’Irak ou les Emirats arabes unis, n’ont pas réduit leur production dans les proportions convenues. De plus, les choses ne sont pas tout à fait claires du côté des onze pays partenaires de l’Opep qui s’étaient engagés à baisser leur production de 558.000 barils par jour entre janvier et juin 2017. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime, à ce propos, que le pourcentage auquel ils ont tenu leurs engagements ne dépasse pas 37%. Selon Platts, agence spécialisée dans l’analyse du marché pétrolier, ce taux est plus élevé et oscille entre 40% et 66%.

A la fin du mois de février dernier, la Russie n’avait réduit sa production que de 120.000 bpj sur les 300.000 bpj fixés. Le 19 mars, elle a annoncé qu’elle avait enregistré une réduction supplémentaire de 161.000 bpj. La production russe se situe autour des 11 millions de bpj, ce qui replace ce pays en tête des pays producteurs après un bref recul.

L’Arabie saoudite, qui avait réduit sa production bien en-dessous du quota fixé en janvier 2017, l’a augmenté un mois plus tard : en février celle-ci s’est établie à plus de 10 millions de barils par jour, même si le royaume continue à respecter son quota.

 

La reconduction de l’accord de réduction de la production : hésitation saoudienne

 

L’Arabie saoudite est le pays vers lequel tous les regards se tourneront lors de la réunion du comité de surveillance à Koweït City : aucune décision de reconduction de l’accord de baisse de la production ne pourrait être prise sans son accord.

Le ministre de l’Energie saoudien a déclaré, la semaine dernière, qu’avant de décider d’une éventuelle prolongation de cet accord, l’Opep étudiera trois aspects : « si les réserves de brut sont supérieures à la moyenne sur 5 ans, si les marchés sont inquiets face aux perspectives et si les entreprises et les investisseurs sont en confiance face à la santé de l’industrie ».

Il y a quelques jours, des sources au sein de l’Opep ont laissé entendre qu’une reconduction de l’accord de réduction était d’autant plus inévitable que le pétrole de schiste américain est en constante augmentation, avec 300.000 barils par jours de plus annoncés pour l’année 2017.