Les Emirats arabes unis (EAU) se sont déclarés lundi favorables à un gel de la production mondiale de pétrole pour soutenir les cours et certains délégués de l’Opep pensent que la réunion informelle du cartel prévue mercredi à Alger, pourrait déboucher sur un accord sur une réduction de la production en vue de stabiliser le marché.

 

« Pour nous aux Emirats arabes unis, il faut prendre une décision. Nous pensons qu’un gel sera bénéfique s’il fait l’objet d’un accord. Nous espérons que nous nous mettrons tous d’accord », a déclaré le ministre émirati de l’Energie, Souhail ben Mohamed al Mazroui à l’agence Reuters.

Cependant, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a indiqué que la réunion informelle des membres de l’Opep) devant se tenir en marge de la15ème réunion ministérielle du Forum international de l’énergie (IEF15) prévue mardi et mercredi à Alger, était purement « consultative ».

« Il s’agit d’une réunion consultative et c’est tout ce que nous devrions en attendre », a-t-il déclaré, selon l’agence de presse Shana, affiliée au ministère du Pétrole, avant de quitter Téhéran pour la réunion de trois jours à Alger. « Les négociations entre membres de l’Opep peuvent servir au sommet de l’Opep de novembre à Vienne. », a-t-il ajouté.

Les prix du pétrole ont chuté d’environ la moitié depuis 2014 en raison d’une offre surabondante,  ce qui a  fait réagir la Russie et les pays membres qui ont multiplié ces derniers temps les déclarations et les échanges de visites pour tenter de trouver un accord à même de stabiliser le marché à travers une limitation de la production.

Des sources proches des pourparlers ont fait savoir vendredi que l’Arabie saoudite avait proposé de réduire sa production pétrolière si l’Iran acceptait de plafonner la sienne cette année, ce qui représenterait un compromis important.

Les cours du pétrole ont dans un premier temps profité de la perspective d’un compromis entre Saoudiens et Iraniens mais l’espoir s’est ensuite dissipé et le baril a perdu près de 4% vendredi, avant de rebondir d’environ 2% ce lundi.

Un délégué de l’Opep a dit que l’objectif était désormais de chercher à convaincre l’Iran de geler sa production à des niveaux acceptables pour les autres membres du cartel.

L’Iran a dit vouloir porter sa production à quatre millions de bpj même si elle a stagné ces derniers mois autour de 3,6 millions, ce qui suggère qu’une augmentation supplémentaire pourrait nécessiter de nouveaux investissements.

Certains ministres et représentants ont manifesté l’espoir de voir un accord émerger cette semaine.

Le patron de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, M. Amine Nasser, a estimé pour sa part ce lundi que le marché pétrolier se redressait mais demeurait faible.

« Alors que le marché pétrolier se remet de sa plus sévère crise, il reste faible », a-t-il déclaré lors d’une conférence sur l’énergie à Dubaï.

Le marché s’oriente vers un rééquilibrage selon le patron d’Aramco

« Les investissements dans la capacité de production de pétrole et de gaz dans le monde ont été annulés ou reportés », ce qui a ralenti l’offre, notamment pour le pétrole de schiste américain, a expliqué Nasser, cité par AWP.

« Malgré sa volatilité, le marché s’oriente vers un rééquilibrage et les prix pourraient s’améliorer avec le temps », a indiqué le patron d’Aramco, dont le pays, l’Arabie saoudite, est le premier exportateur de brut dans le monde.

Il a toutefois prévenu que « la volatilité du marché pourrait persister dans un proche avenir ».

L’Arabie saoudite et la Russie, les deux principaux producteurs mondiaux de brut, n’ont jusqu’ici pris aucune mesure pour enrayer l’offre excédentaire qui plombe les prix depuis mi-2014, fruit du boom des hydrocarbures de schiste américains et de la stratégie de l’Opep d’ouvrir à fond les robinets pour maintenir ses parts de marché.

Quand l’Opep avait abordé le sujet d’un gel de la production pour la dernière fois, l’Iran, tout juste de retour sur le marché après la levée des sanctions internationales, avait tenu tête à l’Arabie saoudite en refusant de maintenir sa production au même niveau.

Les cours du pétrole se sont timidement redressés ce lundi sur les marchés asiatiques et européens de même qu’ils ont ouvert en hausse  sur le marché américain où vers 13H20 GMT,  le cours du baril de « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, prenait 82 cents à 45,32 dollars sur le contrat pour livraison en novembre au New York Mercantile Exchange (Nymex).

« Les cours montent un peu sur la foi d’informations émanant de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) indiquant que l’Arabie saoudite serait prête à un gel de la production, du moins si les autres membres de l’Opep trouvent un accord », a expliqué Andy Lipow de Lipow Oil Associates.

« Cela laisse espérer qu’ils prendront enfin des mesures plus concrètes pour s’attaquer à la surabondance de l’offre », a-t-il ajouté.

Même si de nombreux analystes doutent du succès d’une telle démarche, les spéculations sur les positions de chacun des pays producteurs et les déclarations de leurs responsables jouent sur les cours du brut.

Dans un contexte de prix bas dus à une surabondance de l’offre, l’Opep est « condamnée à prendre une décision » pour stabiliser le marché avait  lancé dimanche le ministre algérien de l’Energie, Noureddine Boutarfa.