Les fondateurs du cabinet d’avocats Mossack Fonseca ont été libérés de prison vendredi 21 avril à Panama. Ce cabinet d’avocats est spécialisé dans l’immatriculation de sociétés écrans dans les paradis fiscaux des Caraïbes et au-delà, dans la zone Asie-Pacifique.

 

Détenus pour leurs liens présumés dans une affaire de corruption au Brésil, ils ont été libérés vendredi sous caution par un tribunal panaméen, selon leur avocate, Guillerma McDonald. Ils ont payé une caution de 500.000 dollars pour être mis en liberté, après avoir été arrêtés en février dernier. Jürge Mossack et Ramon Fonseca Mora sont poursuivis dans le cadre d’une affaire, qui fait jaser au Brésil, le scandale Lava Jato » (Lavage express). Ce scandale a révélé des pratiques massives de corruption, de surfacturation et de rétrocommissions autour du groupe pétrolier brésilien Petrobras. Selon la presse brésilienne, les puissants groupes de bâtiment brésiliens sont soupçonnés d’avoir distribué des centaines de millions de dollars de pots-de-vin à des responsables politiques au Brésil et dans une dizaine de pays en Amérique latine pour truquer les marchés de sous-traitance de Petrobras. Plus globalement, la justice panaméenne soupçonne le cabinet d’avocats Mossack Fonseca d’être  »une organisation criminelle qui se chargeait de cacher des actifs et des sommes d’argent à l’origine douteuse ». C’est au mois de février dernier que Mosack et Fonseca s’étaient livrés aux autorités panaméennes.

 

Les Panama Papers

 

Les déboires judiciaires de Mossack et Fonseca ont commencé lorsqu’un consortium international de journalistes a mis au jour en 2016 des millions de documents fuités sur des sociétés off-shore mises en place par le cabinet pour le compte de riches clients. C’est l’affaire des Panama Papers. Le Panama, pour le moment, n’a mis personne en examen dans cette affaire, qui a éclaté il y a maintenant un an. Par contre, une amende de 440 000 dollars (411 492 euros) a été infligée aux Iles vierges britanniques au bureau local de Mossack Fonseca. La Financial Services Commission (FSC), l’autorité de régulation des services financiers de ce territoire d’Outre-mer du Royaume-Uni, avait indiqué qu’elle a prononcé, le 11 novembre 2016,  »une sanction administrative record » envers l’antenne locale de Mossack Fonseca pour  »violation des règles anti-blanchiment et financement du terrorisme »,  » et  »violation de la réglementation financière ». Selon les investigations du Consortium international de journalistes (ICIJ), qui a travaillé sur 11 millions de documents fuités, le cabinet Mossack Fonseca avait créé 240 000 sociétés offshore pour le compte de fraudeurs au fisc, de réseaux criminels (trafiquants de diamants, d’armes, d’art…) et pour cacher l’argent sale des commissions et rétro-commissions en Amérique Latine, en Europe et en Afique. Les Panama papers ont éclaboussé beaucoup de dirigeants dans le monde des affaires, mais également des politiques, et des chefs d’Etat, dont le Roi du Maroc, soupçonné d’avoir créé des sociétés off-shore par des intermédiaires. Les noms de Farid Bedjaoui, intermédiaire dans les contrats de Sonatrach avec des pétrolières italiennes, ou le scandale de Lavalin Sc, Issad Rebrab, ou le ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb apparaissent également dans les documents fuités des Panama papers pour avoir sollicité ce bureau d’avocats pour la création de sociétés offshore.