Tour de force ce mercredi soir à Alger de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui a décidé de ramener le plafond de production de l’Organisation de 33,5millions de barils/jour à 32,5 mbj. Entre temps, la réunion informelle tenue après le 15eme Forum international de l’Energie, s’est transformée en réunion extraordinaire.

 

Grande surprise des journalistes qui ont fait le pied de grue pendant plus de quatre heures à la salle  »Les Zibans » du nouveau Centre international de Conférences Abdelatif Rahal de Club des Pins, dans la banlieue ouest d’Alger. La réunion  »informelle » des pays membres de l’OPEP s’est transformée en réunion extraordinaire, ce qui a ouvert la voie à l’examen de la question principale à l’ordre du jour de cette rencontre: un gel ou une réduction de la production de pétrole pour stabiliser les marchés. S’il ne s’agit pas d’un résultat  »miracle », il n’en reste pas moins que la politique et les  »coulisses » diplomatiques ont joué en faveur de cet accord de réduction de 750.000 barils/jour de l’OPEP. Au cours de la conférence de presse qui a suivi le  »conclave » des 14 de l’OPEP plus le Gabon, le président de l’Organisation, le ministre Qatari de l’Energie Mohamed Al Sada a indiqué que l’accord auquel sont parvenus les ministres de l’OPEP porte sur une baisse de la production de pétrole, la première depuis 2008. Ce ‘’gentelmen agreement’’ a été possible après que l’Iran, sans doute sous la pression d’Alger, ait accepté de revoir à la baisse ses prétentions et ne produire que 3,7 mbj, alors qu’elle revendiquait de revenir à son quota (4,1mbj) d’avant l’embargo international. Le président de l’OPEP a précisé que le comité de surveillance de l’Organisation a été chargé d’examiner les aspects techniques de cet accord, dont la (re)définition des quotas de chaque pays, et de présenter à la prochaine réunion ministérielle de novembre prochain à Vienne les scénarios ainsi dégagés. Car  »il faut donner des signes positifs » aux marchés, avait affirmé au début de la conférence de presse M. Al Sada.

Les cours repartent à la hausse

 

 »Nous avons examiné plusieurs scénarios pendant des heures, avec comme objectif d’agir sur les niveaux de production », a-t-il indiqué. A Vienne, à la fin du mois de novembre prochain, l’Organisation devra au cours de la réunion ministérielle ordinaire déterminer les quotas de production pour chacun de ses membres, a souligné le président de l’Organisation. Les pays producteurs comme la Russie, qui a dépêché à Alger son ministre de l’Energie Alexandre Novak, pourraient être invités à Vienne pour une action concertée entre producteurs de pétrole membres et non membres de l’OPEP, indique t-on de sources proches de l’Organisation à Alger. Cité par l’agence iranienne Shana, le ministre iranien du pétrole Bijan Zanganeh a estimé que  »l’OPEP a pris une décision exceptionnelle aujourd’hui. Après deux ans et demi, l’OPEP a atteint un consensus pour piloter le marché. » Immédiatement après l’annonce de cet accord, les cours de l’or noir ont repris de la hauteur, le Brent terminant la séance en forte hausse a gagné 2,72 dollars à 48,69 dollars/baril, alors que le léger américain a clôturé en hausse de 2,38 dollars à 47,05 dollars sur le marché new yorkais.