Les cours de l’or noir reculaient légèrement vendredi sur les principaux marchés pétroliers, 48 heures après la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole de réduire sa production d’au moins 750.000 bj. Pour les experts, il s’agit d’une bonne décision afin de stabiliser le marché, ramener la confiance et un soutien des pays non membres de l’Organisation, dont la Russie.

Pour autant, les experts restent prudents, et affirment qu’il faut attendre la réunion ministérielle de novembre à Vienne pour ‘’y voir plus clair’’ à l’aune des nouveaux quotas qui seront attribués aux 14 pays membres. ‘’A Alger, le 28 septembre, il n’y a pas eu un accord, mais un projet d’accord, ou les éléments d’un accord, parce que l’accord devra être concrétisé le 30 novembre 2016 à Vienne, en Autriche, lors de la prochaine réunion de la conférence de l’OPEP’’, a expliqué Francis Perrin, expert et journaliste. Pour lui, ’’il faut mettre des chiffres en face de chacun des quatorze pays membres de l’OPEP pour véritablement pouvoir concrétiser cet accord.’’ De son côté, la Russie est restée prudente au lendemain de cette réunion de l’OPEP. Elle a indiqué attendre les détails concrets de l’accord trouvé par l’OPEP avant de décider tout gel de sa production. Et, ‘’entre octobre et novembre, les pays membres de l’OPEP vont travailler sur les paramètres concrets de leur proposition de réduction de la production de pétrole’’, a déclaré le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak, cité par l’agence Interfax. Alexandre Novak précise que ‘’nous parlons de maintenir les niveaux (de production) qui ont été atteints. Mais savoir à quel niveau, c’est encore en discussion.’’ Le ministre Russe de l’énergie avait déjà estimé jeudi que cet accord était une décision très positive, mais a affirmé que Moscou ne comptait pas abaisser sa production de pétrole pour le moment. Selon le ministre, un groupe de travail russo-saoudien doit se réunir début octobre pour évoquer d’éventuels efforts communs pour stabiliser le marché.

La Russie, une clé du marché
 
La semaine dernière, la Russie avait annoncé que sa production de pétrole avait atteint en septembre des niveaux record en dépassant 11 millions de barils par jour. Pour le président Nicolas Madura du Venezuela, où l’inflation a atteint les 750% après la chute drastique des prix pétroliers, ‘’l’accord annoncé par l’Opep pour limiter la production de pétrole afin d’enrayer la chute des prix renforce le rôle de l’organisation sur le plan politique et économique mondial’’. Cet accord ‘’ reflète les infatigables efforts déployés par le Venezuela depuis presque deux ans pour trouver un consensus afin de stabiliser le marché pétrolier (…) et renforce le rôle de l’OPEP dans l’équilibre des forces économiques et géopolitiques’’, selon un communiqué signé par M. Maduro. Selon Francis Perrin l’OPEP va ‘’profiter de cette période de deux mois pour bien sûr poursuivre les discussions en son sein, mais aussi pour négocier, avec des pays non OPEP, dont la Russie, afin que ceux-ci apportent leur contribution à l’effort de redressement des marchés et des prix.’’ Sur les marchés, les prix pétroliers reculaient vendredi en cours d’échanges européens, les investisseurs restant prudents sur les détails et la faisabilité de l’accord trouvé par les membres de l’Opep pour limiter leur production d’or noir. Vers 10H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, dont c’est le dernier jour de cotation, valait 48,29 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en retrait de 95 cents par rapport à la clôture de jeudi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour la même échéance reculait de 65 cents à 47,18 dollars.