Une exploitation de pétrole de schiste à Monterrey- Californie (DR)

Si la remontée des prix du pétrole venait à être durable, l’activité de l’industrie du schiste aux Etats-Unis pourrait profiter pour se relancer.

 

La baisse de la production de pétrole décidée mercredi à Vienne par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) risque de donner du punch à l’industrie du pétrole de Schiste aux Etats-Unis. Cette éventualité est scrutée de près par les analystes du marché qui croient que l’industrie du pétrole de schiste américain pourrait profiter de la remontée des prix, engendrée par la baisse de la production des pays de l’OPEP, d’autant que le nouveau président américain Donald Trump a promis de relancer les activités de forage dans le domaine fédéral.

Les cours du pétrole atteignaient des sommets jeudi en fin d’échanges européens, suite à l’accord conclu la veille entre les membres de l’OPEP, portant sur une réduction de 1,2 millions de barils/ jour du cartel. Le baril de Brent de la mer du Nord dépassait la barre des 54 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres. Tandis que sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) a attient les 51,69 dollars.

L’ancien ministre saoudien du pétrole, Ali Al Naimi  a mis en garde il y a quelques jours, contre un  baril plus cher qui ferait perdre aux membres de l’OPEP des parts de marché.  « Je n’ai aucune idée pourquoi ils veulent inverser [la situation actuelle de prix bas] car des prix élevés vont sûrement augmenter l’offre en brut et l’OPEP va encore perdre des parts de marché », a-t-il indiqué dans un entretien au Financial Times. En défenseur de la politique de guerre des parts de marchés, l’ancien ministre saoudien estimait que la remontée des prix profiterait à l’industrie du pétrole de schiste américain.

Une industrie très réactive

La production américaine de pétrole, a baissé à 8,5 millions de bj en septembre dernier alors qu’elle culminait à 9,6 millions en avril 2015, son plus haut niveau, dont la moitié est issue des puits de schiste. Certes, des milliers de puits de schiste ont été fermé entre 2014 et 2016, mais cette industrie a montré aussi qu’elle peut résister à un prix de baril fluctuant en dessous de 50 dollars.

L’industrie de schiste ne s’est pas écroulée et si la remontée des prix venait à être durable, elle pourrait rebondir plus rapidement que l’industrie des hydrocarbures conventionnels. Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) rappelle à juste titre que les hydrocarbures de schiste américains peuvent répondre en quelques mois aux mouvements de prix, contrairement aux  projets conventionnels qui connaissent des cycles plus longs, avec des délais de trois à six ans entre la décision d’investissement et la première production.