Le prix du Brent a connu en 2018 son plus haut niveau depuis 2014, mais a subi aussi, sa plus rapide et forte dégringolade.  Au début du mois de janvier 2018, l’Agence d’information sur l’énergie (AIE) a publié ses prévisions sur l’évolution du prix du pétrole, en estimant que l’or noir devrait s’échanger en 2018 autour de 60 et 61 dollars.

Mais le cours du baril de pétrole Brent, sur lequel est indexé le pétrole algérien, avait atteint un prix en dessus des 80 dollars, pour la première fois depuis novembre 2014. Une hausse de prix obtenue après l’annonce, en mois de septembre 2018 à Alger, de la décision de l’OPEP et de la Russie de ne pas relever son plafond de production, lors de la 10 ème réunion du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord de réduction de la production pétrolière des pays de l’Opep et non-Opep (JMMC).

En plus de cette baisse de production de l’Opep, s’ajoutent les pertes de l’industrie vénézuélienne et de la baisse des exportations iraniennes en raison des sanctions des Etats-Unis.

Mais sur toute l’année 2018, les cours du Brent ont dégringolé de 24,8%. Une chute du prix particulièrement vive à partir du mois d’octobre, juste après que les prix ont atteint plus de 85 dollars le baril, les plus hauts niveaux sur les quatre précédentes années.

Une chute estimée par les analystes de particulièrement ‘’rapide et forte », tirée selon les observateurs du marché, par un excès d’offre sur le marché mondial par rapport à la demande.

Mais pas seulement, car d’autres raisons viennent s’ajouter à cette chute brutale des prix, notamment le ralentissement économique mondial, une croissance de la production pétrolière américaine à des niveaux historiquement élevés, des sanctions moins lourdes que prévues des Américains sur les exportations de pétrole iranien…

Des inquiétudes qui ont fait perdre au cours du pétrole plus du tiers de leur valeur rien que depuis le début du mois d’octobre.

Ajoutant à ces craintes, la politique du président américain, a eu aussi son effet sur la valse des prix du pétrole et a contribué pleinement à la chute des cours.

Ainsi, après avoir fait miroiter la fin des exportations iraniennes de pétrole, et donc fait bondir les cours lors de la première partie de l’année, le Président Trump a suscité l’effet inverse sur les marchés, lorsqu’il a finalement accordé des exemptions à huit pays.

Ceci sans oublier sa pression sur les membres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) pour qu’ils maintiennent une production élevée, dans le but de faire reculer le prix de l’essence aux Etats-Unis.

Mais les craintes d’un ralentissement économique mondial et d’une surabondance du marché mondial de l’or noir, ont soutenu une baisse continuelle du prix du brut.

La dernière séance d’une année 2018 chaotique a clôturé en légère hausse. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, a fini lundi, 31 décembre 2018, à 53,80 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 59 cents par rapport à la clôture de vendredi.

L’annonce en mois de décembre dernier par l’OPEP et son partenaire russe d’un recul de 1,2 million de barils par jour de la production n’aura pas suffi à calmer l’hémorragie.

L’agence Reuters a publié ce lundi les résultats de son enquête en indiquant que le cours du baril de pétrole Brent devrait s’échanger en dessous de la barre de 70 dollars durant l’année 2019.