Les cours du pétrole ont continué lundi à régresser dans les échanges européens dans un marché toujours inquiet du niveau élevé de l’offre et très sensible au risque.

 

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait vers 10H10 GMT (12H10 HEC),   50,19 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, cédant 35 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en juillet perdait 50 cents à 48,57 dollars.

Les  analystes de Commerzbank expliquent cette tendance baissière de l’or noir par la peur de plus en plus grande que suscite le risque «comme en témoignent la baisse des marchés boursiers et l’appréciation du dollar» en fin de semaine dernière.

Après avoir progressé jeudi dernier jusqu’à atteindre des plus hauts en, respectivement huit mois et près de onze mois, les cours du Brent et du WTI ont commencé à régresser, affectés à la fois par des prises de bénéfices et par des inquiétudes renouvelées sur l’offre et la demande alors que les interruptions de production ayant jusqu’à présent soutenu le marché semblaient toucher à leur fin.

« Il semble que l’humeur (du marché) soit en train de changer. Il n’y a plus désormais que le Nigeria et la France qui sont sources d’inquiétudes concernant l’offre », selon Tamas Varga et Stephen Brennock, analystes chez PVM, qui ajoutent que les interruptions de production ayant récemment frappé le Canada et la Libye étaient désormais en voie de normalisation.

Selon eux, « la fin de la grève française (dans les raffineries) et le potentiel de négociations, même s’il est actuellement faible, entre les Vengeurs du delta du Niger (NDA) et des responsables du gouvernement (au Nigeria) vont exercer une pression supplémentaire à la baisse sur les prix du pétrole ».

Les rebelles nigérians auteurs de plusieurs attaques d’installations pétrolières depuis le début de l’année ont revendiqué vendredi un nouveau sabotage, visant un oléoduc d’une filiale de l’Italien Eni dans le sud du Nigeria.

En outre, le fait que le groupe privé de services pétroliers Baker Hughes ait fait état vendredi d’une nouvelle hausse du nombre de puits de forage aux États-Unis a également pesé sur les prix du brut.

« Les chiffres montrent que le nombre de puits pétroliers (en activité) a légèrement augmenté de 3 unités la semaine dernière, après avoir déjà progressé de 9 unités la semaine précédente », précisaient les analystes de Commerzbank.

Selon ces derniers, si la hausse de l’activité de forage venait à se poursuivre dans les semaines à venir, cela empêcherait toute nouvelle hausse des prix du pétrole et on pourrait assister à une situation similaire à celle qui s’est produite en août 2015, quand les prix ont plongé de quelque 20%, principalement en raison d’une détérioration de l’humeur des investisseurs entraînée par des inquiétudes sur la vigueur de la croissance chinoise.

« Cette fois, un «Brexit» (sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne) pourrait servir de catalyseur. L’incertitude entourant l’issue du scrutin au Royaume-Uni devrait limiter les mouvements du pétrole jusqu’au référendum du 23 juin », concluait-on chez Commerzbank.