Nazim Zouiouèche, expert en énergie et ex-PDG de Sonatrach sur RadioM / Ph: Y. Bouktache

Nazim Zouioueche, ancien P-DG de Sonatrach, et expert en Energie, revient sur les résultats de l’ouverture des plis du quatrième appel d’offre de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), où quatre périmètres sur les 31 proposés ont été attribués à trois consortiums.

 

L’Algérie vient d’attribuer 4 périmètres d’exploration et d’exploitation sur les 31 prévus dans le quatrième appel d’offre lancé par Alnaft. Quelle appréciation faites-vous sur ces résultats ?

 

C’est très peu brillant, voire triste. Les chiffres sont bien parlant. De 31 périmètres on a pu trouver des preneurs que pour quatre, cela ne peut être que décevant. De surcroit, les multinationales ne se bousculaient pas sur ces périmètres. On a pas observé de concurrences dans les offres, étant donné que chaque périmètres n’avait qu’une seule offre, à part celui de Boughezzoul, qui vu la concurrence du consortium Repsol/ Shell exploration  et Eni Algérie. Nous n’avons pas assisté non plus à de nouveaux arrivants. Toutes les entreprises ayant candidaté à ce quatrième appel d’offre sont, en effet, des grands ‘’classiques’’ du marché algérien.

Je souhaiterais, toutefois, relever un point positif, celui concernant le marché d’exploitation et d’exploration dans  le nord du pays. L’attribution du périmètre de 1000 km de Boughezzoul au consortium Repsol et Shell Exploration, était une très bonne nouvelle pour moi.  La première exploration dans le nord de l’Algérie, rappelons-le, était du gisement de pétrole de Oued Guetrine à Sour El Gouzlane en 1947. Il est vrai que l’exploitation dans le nord est plus compliquée que celle du sud, vu la complexité de la géologie du nord. Mais cela reste bien faisable, étant donné que plusieurs pays dans le monde opèrent des exploitations sur le même type de géologie, et cela marche bien.

 

Alnaft n’a pas donné de précisions  concernant les périmètres concernés par les hydrocarbures non conventionnels. Pensez-vous qu’ils y auraient des marchés pour le gaz de schiste dans ces contrats ?

Personne n’a proposé d’aller sur le gaz de schiste. Les multinationales sont assez mûres et ont assez d’expériences et de connaissances pour savoir qu’il est trop tôt d’aller maintenant vers un marché du non conventionnel en Algérie. Des données disent que nous possédons les troisièmes réserves mondiales en matière de gaz de schiste, mais nous ne connaissons pas le potentiel réel de l’Algérie en la matière. Il faudrait que nous fassions tout d’abord des études à fin de connaitre notre véritable  potentiel, le valoriser, puis faire une estimation sur ce qu’on pourrait produire et les moyens à mobiliser pour y arriver. Sur ce point, les professionnels savent très bien que l’Algérie n’est pas encore à ce stade.

 

Peut-on dire que la nouvelle loi sur les hydrocarbures promulguée en mars 2013, n’a pas réussi à attirer plus d’investisseurs ?

Je pense que le résultat est là. Vous vous rendez compte du fait qu’il n’ait pas eu de concurrence dans les périmètres proposés ? Les grandes multinationales cherchent des personnes qui parlent le même  langage professionnel qu’elles. Ils ont besoin d’avoir des réponses quand ils les cherchent, d’avoir des explications et des orientations quand ils les demandes, et surtout d’avoir une stabilité institutionnelle. Je pense que c’est à la fois un problème relationnel et institutionnel. L’investisseur a besoin d’être encouragé.