L’Algérie a toujours était classée parmi les pays pétroliers qui pratiquent des tarifs de carburants les plus bas. Ce statut n’a pas empêché l’Etat à ajuster graduellement ses prix depuis 2016.

Ainsi, de 2016 à 2020, les prix du carburant à la pompe ont enregistré des augmentations graduelles, en fonction des artifices fiscaux introduits dans les lois des finances. Cette décision d’entamer les hausses des prix du carburant a été enclenchée au lendemain du choc pétrolier de 2014.

Depuis, l’État a décidé de lever le pied sur le soutien au prix des carburants, en commençant par augmenter la TVA des produits pétroliers, qui passe ainsi de 7 à 17%. Ce qui a provoqué une cascade d’augmentations des tarifs des produits pétroliers.

Ainsi, le prix de l’essence super qui était de 23,00 dinars le litre monte à 31,42 dinars, après les premières augmentations de 2016. Aussi, l’essence normale qui était à 21,20 dinars, passe à 28,45 dinars, et l’essence sans plomb qui se vendait à 22,60 dinars, augment à 31,02. Enfin, le gasoil qui était à 13,70 dinars augmente et passe à 18,76 dinars le litre.

Une année après, en 2017, une autre augmentation des prix du carburant est encore décidée par le gouvernement. L’essence normale passe ainsi, à 32,69 dinars, le super à 35,72 et le sans plomb à 35,33. Le gasoil, quant à lui passe à 20,42 dinars.

Mais cette augmentation des prix est presque devenue une habitude, puisqu’elle a suivi ce même rythme durant deux années consécutives. Au moment où les Algériens s’attendaient à une autre hausse, la loi de finances de 2018 est venue préciser ses attentes.

Ainsi, une troisième augmentation a été effectuée pour l’année 2018. L’essence normale passe donc à 38,94 dinars le litre, le super à 41,97 dinars, et le sans plomb à 41,62 dinars le litre. Le litre du gasoil, quant à lui passe à 23,06 dinars.

Les hausses reprennent en mi-2020

Après les augmentations de 2018, la loi de finance de 2019 n’a pas connu dans ses articles une éventuelle augmentation, ni pour le carburant ni pour d’autres taxes. C’était une loi qui obéissait à une conjoncture politique en préparation à un cinquième mandat présidentiel de Bouteflika.

Mais, la réalité économique, et même politique, ont fait qu’une autre augmentation des prix des produits pétroliers était nécessaire. Quoique cette décision ne soit pas prise en compte dans la loi de finance de 2020, le PLFC  est venu rectifier le tir. Notamment après la chute drastique des cours du pétrole, en raison de la pandémie mondiale du coronavirus.

Ainsi, de nouvelles hausses sont venues s’ajouter à celles pratiquée en 1018. L’essence normale est ainsi portée à 41,94 dinars le litre, le super à 44,97 dinars et le sans plomb à 44 dinars. Le prix du diesel a atteint les 28,06 dinars.

Cette nouvelle grille des prix remet au goût du jour le projet de révision du dispositif des subventions généralisées. Comme en 2016 et 2018, l’État justifie cette hausse des prix par une « surconsommation énergétique », ainsi que par les besoins de sa rationalisation.

Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, lors d’une plénière au Conseil de la nation, consacrée au débat du PLFC 2020, avait indiqué que L’augmentation des prix des carburants, permettra de « réduire la surconsommation de cette matière essentielle et aussi la subvention indirecte de l’Etat à ce produit ».

Il  à affirmé aussi que cette hausse poussera l’orientation des consommateurs vers l’utilisation du GPL (gaz de pétrole liquéfié).  Un carburant qui n’a pas changé de prix (9 dinars le litre) et qui connait une nette augmentation de sa consommation depuis les augmentations des prix des autres carburants.