Pour la plupart des experts nationaux, les réponses passent aujourd’hui par la remise en cause du modèle rentier

 Les pays membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) vont se réunir ce jeudi à Vienne (Autriche) pour tenter d’améliorer les cours pétrolier, en déclin depuis la mi-juin, par une hypothétique décision de réduction du plafond de production de l’Organisation.

 

C’est une réunion cruciale que les pays membres de l’OPEP s’apprêtent à aborder dans la division aujourd’hui à Vienne. Ordre du jour : peser sur les cours de l’or noir qui ont perdu plus de 30 % en trois mois. D’un coté, l’Iran qui mène des pourparlers pour amener les pays membres à réduire le plafond de production, fixé en 2011 à 30 millions de barils/ jour. De l’autre, l’Arabie Saoudite, le plus grand producteur de pétrole, laisse planer le flou sur une possible solution consensuelle.

 « Nous devons discuter, confronter nos vues et prendre une décision », et « pour gérer cette situation, nous devons avoir une contribution des pays producteurs hors-Opep », a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh à son arrivée hier à Vienne dont les propos ont été rapportés par l’AFP.

Le ministre algérien de l’Energie, Youcef Yousfi a abondé dans le même sens en souhaitant parvenir à un « consensus » et  trouver les moyens pour « corriger les déséquilibres ». « Nous pensons que la situation actuelle est préjudiciable pour les pays exportateurs de pétrole, qu’ils soient dans l’Opep ou en dehors de l’Opep, pour l’industrie pétrolière en général, et tout autant pour les consommateurs à l’avenir », a argué M. Yousfi.

L’Arabie Saoudite laisse planer le doute

Face au camp des partisans d’une baisse du plafond de production, mené par l’Iran avec le Venezuela et rejoint par l’Algérie et la Libye, l’Arabie Saoudite, soutenue par les Emirats arabes Unis, a réduit les espoirs des pays membres les plus affectés par la chute continue des prix du pétrole en laissant entendre, par la voix de son ministre Pétrole, Ali Al Naïmi, qu’elle ne consentirait pas de réduction de production. « Pourquoi l’Arabie saoudite réduirait-elle sa production ? Les Etats-Unis sont aussi un grand producteur maintenant. Réduiront-ils la leur ? », a déclaré le vieux ministre saoudien, selon le journal français Les Echos.

Les observateurs estiment ainsi que la réunion «  sous pression » de ce jeudi ne va pas déboucher sur grand-chose, même si la Russie, un pays non membre de l’OPEP, s’est jointe à la partie en tentant de peser sur les choix de l’Organisation. La Russie très affectée par la baisse vertigineuse des prix du pétrole a décidé d’une baisse « symbolique »  de sa propre production de l’ordre de 25.000 barils/ jour. Ella a également tenu mardi une réunion ministérielle informelle avec l’Arabie Saoudite, le Venezuela et le Mexique (pays non membre de l’OPEP) qui a débouché sur une rencontre à tenir en février 2015 pour « une stabilisation à terme du marché ».

Strict respect des quotas de 2011

Seule consolation, la réunion de ce jeudi peut déboucher sur un engagement ferme pour le respect du plafond de 30 millions de barils/ jour de 2011. Selon une source proche de l’Arabie saoudite, citée Wall Street Journal, les pays de l’OPEP pourraient s’engager fermement à respecter chacun son quota.

Car, il faut dire, que ces quotas ne sont jamais respectés. Dans les faits, le plafond est souvent dépassé notamment par l’Arabie Saoudite. Ce membre  influent de l’Organisation, avec une production de 9,5 millions barils/ jour,  a augmenté sa production journalière de pétrole de 100.000 barils en septembre, lorsque les prix du brut étaient en dégringolade, pour gagner encore des parts de marché.

L’Arabie Saoudite dont la résilience de ses équilibres financiers peut s’accommoder d’un prix de pétrole à 70 dollars le baril est soupçonnée de jouer le jeu des américains et affaiblir son rival régional, l’Iran. Dans ce contexte, les prix du pétrole restaient sous la barre des 80 dollars mercredi à la clôture. Les observateurs ne prévoient pas une amélioration « conséquente » des cours de sitôt dans un marché en surabondance. Une situation qui risque de s’aggraver en 2015 avec le tassement de la croissance dans les zones de consommation notamment en Europe et en Chine.