Un Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaire a été signé dans le cadre du cycle de l’Uruguay et est entré en vigueur en janvier 1995. Il concerne le respect de la salubrité des aliments, la protection de la santé des animaux et la préservation des végétaux

Aissa MANSEUR *

L’accord autorise aussi les pays à établir leurs propres normes et précise que les règlements doivent être fondés sur des preuves scientifiques.

Le refoulement des produits agricoles, oui il ne faut pas dramatiser le problème mais il ne faut pas également le banaliser !

Le refoulement de produits agricoles peut se poser pour n’importe quel pays, ce sont des choses qui arrivent lorsque l’on sait que les mesures phytosanitaires sont utilisées parfois comme des barrières non tarifaires à l’instar des quotas, des licences d’importation, des normes, notamment pour protéger leurs produits

L’affaire des lots de produits agricoles algériens refoulés par certains pays importateurs (Russie, Canada et Qatar) a été traitée dans la cacophonie par les départements ministériels censés prendre en charge le problème et qui ont été en déphasage flagrant avec la réalité.

L’affaire a été déclenché par une association des exportateurs algériens, après une semaine, réponse laconique du ministère de l’Agriculture : il n’y a aucun produit agricole qui a été refoulé pour cause de mesures phytosanitaires. Une journée plus tard le même département se ressaisit et annonce que « même s’il y a refoulement de produits cela ne pouvait être a cause de présence de pesticides en doses non autorisées. Si refoulement il y a cela ne peut être que le résultat d’une opération d’exportation anarchique »  Peut-il y avoir des opérations d’exportation anarchiques sachant que les produits exportés franchissent les frontières de deux pays (le pays exportateur et le pays importateur). Le Ministère ajoutera également que les deux notifications reçus concernaient les boissons gazeuses et les pâtes alimentaires pour raison d’emballage non conforme aux normes des pays importateurs

Encore une fois, le Ministère trouve un subterfuge en affirmant par le biais de l’un de ses cadres que le refoulement de certains produits agricoles, notamment les dattes, est dû au non respect de la chaîne du froid par l’exportateur. Dans ce cas précis la question qui se poste est de savoir comment un exportateur de produits agricoles, de surcroît périssables, puisse commettre une telle erreur.

Pour sa part le Ministère du commerce ordonne une enquête pour connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire, C’est ce langage incertain et ce manque flagrant de coordination entre les deux Ministères, qui contribue à semer le doute et à alimenter la rumeur.

L’utilisation des pesticides est incontournable, raisonnée ou abusive c’est toute la différence !

L’utilisation des pesticides en agriculture est incontournable, les cultures sont ‘’assujetties’’ a des maladies, les champs peuvent être infestés par les mauvaises herbes, ces fléaux contraignants la production agricole ne laissent pas les agriculteurs indifférents, ces derniers recourent à l’utilisation de divers produits chimiques (herbicides, fongicides, ….) pour protéger et préserver leurs productions. Le danger réside dans l’utilisation abusive et anarchique de ces produits avec le non respect des doses à apporter ni la période d’utilisation. Cela peut être dû à l’ignorance des agriculteurs ou alors à une utilisation a outrance c’est-à-dire utiliser plus de produit pour mieux protéger la culture.

Il est a signaler que les produits commercialisés sont, normalement, homologués et enregistrés dans l’index phytosanitaire et les produits importés par les voies légales sont minutieusement contrôlés par le service phytosanitaire se trouvant dans les ports et aéroports. Il se trouve également que d’autres produits peuvent être commercialisés frauduleusement, des composants qui sont fabriqués sans aucune norme, une alerte dans ce sens a été émise par la FAO en indiquant que des produits chimiques sont fabriqué clandestinement dans des pays africains, l’alerte concerne les pays limitrophes dont (l’Algérie) a ces derniers pour qu’ils prennent leur précaution afin d’empêcher ces produits d’envahir leurs champs !

Le débat sur l’utilisation des pesticides doit être ouvert et confié aux spécialistes !

Le débat sur l’utilisation des pesticides dans l’agriculture doit être ouvert et étudié minutieusement par les spécialistes pour élucider cette problématique qui peut avoir des conséquences fâcheuses sur la santé humaine. Ainsi avant tout placement sur le marché national ou international, les produits agroalimentaires doivent bénéficier de certificat phytosanitaire, de label de qualité ainsi que la traçabilité de production, il en est de la responsabilité de plusieurs départements ministériels tel que le: Le Ministère du commerce, Ministère de l’agriculture, Ministère de l’environnement et Ministère de la santé, des instituts doivent être également associées tels que l’Institut Algérien de Normalisation (IANOR), Institut National de Protection des Végétaux (INPV); Institut National de la Santé Publique (INSP) et le Laboratoire National de la Qualité Alimentaire

Si on se réjouit de l’autosuffisance’’ relative’’ en certains produits agricoles, notamment maraîchères, on doit s’interroger également sur la salubrité de ces produits, leur qualité et leur l’impact sur la santé publique C’est une question de sécurité alimentaire qui suppose aussi la parfaite salubrité des aliments destinés à l’alimentation des populations.

Pour ceux qui accusent les mains étrangères et avancent la thèse du complot, est ce que nos produits sont aussi compétitifs en quantité et en qualité pour qu’ils puissent menacer la présence des produits d’autres pays sur les marchés internationaux et par conséquent s’attirer les foudres des concurrents ? Qu’ils cessent de nous ridiculiser et de faire de nous la risée du monde, les plus grands pays exportateurs n’ont jamais évoqué de tels arguments si bizarres et si ridicules

* Expert en agriculture et conseiller à l’export