Le bonheur au travail demeure une chimère pour beaucoup d’employés algériens alors que dans le monde, c’est une notion qui est de plus en plus  intégrée dans le milieu professionnel. Est-ce réalisable en Algérie, comment ? Élément de réponses avec Sabah Mrakach, organisatrice de la journée scientifique sur « le Bonheur au travail ».

 

Vous organisez, sous le thème : le bonheur au travail, la première journée scientifique pour la promotion de la santé et de la qualité de vie au travail. Comment est venue cette idée, innovante?

A vivre au quotidien dans l’entreprise, à écouter les dirigeants et les employés, à sélectionner les talents, à former des managers; nous nous sommes aperçus que plusieurs problématiques, d’ordre humain, organisationnel, communicatif, social, économique et intergénérationnel, marquaient le cheminement d’une société. Nous nous sommes aperçus que les individus n’étaient pas tous satisfaits dans leurs postes, et pour beaucoup d’entre eux, ils ne sont pas satisfaits dans leurs environnements professionnels respectifs (tous domaines d’activités confondus), que ce soit du côté employé ou employeur. En effet, peu importe que l’on soit manager ou pas; la question est celle de trouver un sens à ce que l’on fait, et ceci est parfois une longue quête sans issue … Il faut dire aussi que les réflexions fondées sur les sciences humaines et sociales, notamment la psychologie et, les questionnements autour du comportement humain, de ses besoins, ont beaucoup stimulé la création de cet événement qui se veut avant tout optimiste, rassembleur, motivant les énergies positives et, source de mise en place de véritables solutions dans le sens du développement économique et, à travers la santé du salarié, mentale et physique.  Le Bonheur au travail est la 1ère Journée Scientifique et Economique, conçue et organisée par SAB Solutions, et qui se réalise le 23 Mai 2016, à la Bibliothèque Nationale d’Algérie (El Hamma), sous le haut patronage de Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Monsieur le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale et Monsieur le Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, Avec le partenariat de l’APW d’Alger.

 

L’Algérien se plaint souvent de son milieu du travail (tendance !). Idée reçue selon vous, ou réalité? 

L’Algérien vit dans une société en mutation. Et c’est le cas pour plusieurs régions du monde. Il est d’un côté influé par son environnement direct, rêve souvent de progrès « occidental » mais réserve un investissement psycho-affectif assez fort à sa nation. Il se plaint en effet, mais il est très solidaire avec ses condisciples. Là où il diffère des autres, c’est dans les modes de communication avec autrui; l’impulsivité n’est- elle pas devenue une marque « made in bladi » ? Ces accès aux expressions comportementales parfois excessives, qu’on condamne souvent, doivent faire l’objet d’une étude psycho-sociale, afin d’en connaitre l’origine et, pour comprendre le symptôme. Ce dernier, représente- il la simple pulsion de vie à défaut de réflexion et d’expression modérées ? Est-ce un signe à considérer en psychopathologie ? Autre dimension qui semble importante à souligner, l’algérien d’aujourd’hui ne se pose pas forcément les mêmes questions que celui dans les précédentes générations. la différence avec ses prédécesseurs, c’est que le monde est devenu un grand village, que les progrès se font à une vitesse grand V, que l’économie numérique prend une place dans la vie professionnelle et sociale, de façon presque inquiétante; et, que ses fonctions cognitives et comportementales (telles que l’attention, la mémoire..), s’en voient elles aussi modifiées, et, ainsi, leurs fonctions exécutives (telles que l’auto-critique, le jugement, la planification, etc). Prenez par exemple les plus récentes décisions entrepreneuriales dans le monde, qui démontrent à quel point l’économie globale, se globalise ; un investissement du montant exceptionnel d’un milliard de dollars dans Didi Chuxing ( le géant chinois du co-voiturage», par Apple, et Tim Cook qui s’en réjouit, bien entendu. Le gouvernement du Québec qui déclare un investissement de 200 millions $ au cours des cinq prochaines années pour accélérer la transformation numérique des entreprises et, favoriser l’essor du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC). Cela nous renseigne sur les tendances de l’avenir dans les pays développés ainsi que sur les appréhensions qu’on peut « prioriser » en Algérie.

 

Concrètement comment intégrer cette notion dans l’entreprise? Les moyens, les solutions

Le volet socio – culturel semble primordial, pour réussir toute mise en œuvre d’une quelconque solution, que sa validation scientifique ait été faite par Harvard, MIT, Shangai ou la Sorbonne, etc. La R & D est la solution à entrevoir et le pays dispose de moyens pour mener à bien cette conduite de changement. Pourquoi pas mettre en place une réelle triade  » institution – entreprise – expertise  » qui assurerait des travaux de recherche sur le terrain, et qui intègrerait certaines méthodologies de gestion, auprès de firmes pilotes ?  Au lieu de faire des études statistiques pour savoir si Kiabi, Décathlon, La Fnac ou Sephora, ferait du bénéfice en s’installant en Algérie, pourquoi ne pas s’intéresser aux caractéristiques du développement humain, puisque c’est exactement cela qu’on remet en cause, quand la performance n’est pas au RDV. Je ne connais pas les travaux réalisés à l’université de Bouzaréah, ces dernières années mais je parie que beaucoup de thèses doivent contenir des orientations avantageuses, pour toute organisation (institution publique ou l’entreprise). Un projet de développement écnomico-psycho-social pourrait être national grâce à une bonne méthodologie et, à un recrutement orienté « savoirs-faires »; d’autant qu’au delà d’Alger, les villes algériennes regorgent, de l’est à l’ouest et du nord au sud, de connaissances et de talent. Ils m’éblouissent à chaque fois que j y suis.

 

Entrepreneurs et chefs d’entreprises, sont-ils prêts à accueillir cette idée? Ils doivent être les premiers concernés…

Ils n’ont pas trop le choix. Mais il est évident que l’approche a autant d’intérêt que les outils. Si l’on croit une étude réalisée en 1997, 70 % des projets de changement menés dans les entreprises françaises échouent, et, bien sur, une notion commode permet de regrouper les difficultés pour donner bonne conscience aux promoteurs déçus: la fameuse  » résistance au changement  » les choses sont, en fait, un peu plus complexes et la psychologie du travail, (ainsi que les sciences humaines en général) peuvent aider à mieux comprendre les ressorts de ces succès ou de ces échecs. non que cette science fournisses une théorie de changement mais en revanche nombre de théories partielles autour de concepts clés ont été travaillés (comme les concepts de participation, représentation, apprentissage, identités..), apportent des contributions intéressantes à l’analyse des problèmes du changement organisationnel et, à l’orientation de l’action, de ceux qui veulent l’impulser. C’est à partir des questions que le chef d’entreprise se pose qu’on essaye de voir quelles pistes la psychologie permet d’apporter, via des notions et approches puisées dans différents courants. Nous privilégions deux grandes questions; Comment faire l’analyse de la situation d’où part le changement ? Quels processus de changements apporter ?

 

Qui est SAB Solutions ?

SAB SOLUTIONS intervient depuis 2012 sur des problématiques managériales, humaines, et organisationnelles, plutôt complexes. C’est en effet grâce à la force de ses experts et formateurs, chacun reconnu par ses savoirs-faires, et, via un aspect pluridisciplinaire, incontournable lorsque la mondialisation exige des pratiques globales, que nous solutionnons des situations où, il existe un terreau fertile qui demande plus d’efficacité et, davantage d’efficience. Nous évoluons via des recyclages annuels et, des formations de haut niveau, créons/développons des partenariats de qualité avec des institutions publiques (chambres de commerces, universités, ministères, etc.), pour rapprocher nos clients des canaux qui les rendent plus attractifs. Nous sommes acteurs dans des actions de développement durable en France et en Algérie, et, mobilisons sur plusieurs régions du Monde, dans une approche systémique, des acteurs compétents, complémentaires et optimistes, afin de permettre aux entreprises de se distinguer qualitativement et donc, de durer. Notre slogan pour 2016/2017 est : Surmonter les Antagonismes Traditionnels & Générer des Energies Positives