Slim Othmani, président du conseil d’administration de NCA-Rouiba

Slim Othmani persiste et signe : la fluctuation du titre de son entreprise ne traduit nullement les performances réalisées depuis son introduction en Bourse, il y a deux années. Il en avance plusieurs raisons. Dont le rôle négatif des Intermédiaires en opérations de Bourse (IOB).

 

« NCA Rouiba c’est une entreprise qui performe très bien, c’est une entreprise qui fait beaucoup d’efforts pour offrir des produits de très haute qualité avec un excellent rapport qualité/prix, et surtout afficher des résultats qui, dans une bourse normale, se traduirait par des performances boursières exceptionnelles ». C’est ce qu’a tenu à signaler le président du Directoire de la société des boissons et jus NCA-Rouiba, Slim Othmani, en marge de la tenue ce jeudi à Alger de l’AGO de la société consacrée à la présentation des résultats de son activité en 2014. Slim Othmani persiste et signe : la fluctuation du titre de son entreprise ne traduit nullement les performances réalisées depuis son introduction en Bourse, il y a deux années. Il avance plusieurs raisons.

La première est relative au rôle négatif des Intermédiaires en opérations de Bourse (IOB). « Nous constatons un déclin du titre (de NCA Rouiba), lequel ne s’explique pas par les performances de l’entreprise sommes toute exceptionnelles, non plus par la non compréhension des algériens des mécanismes boursiers comme on tend à le faire accroire, mais par les IOB qui sont essentiellement des banques publiques et qui ne font pas leur travail de promotion du titre NCA Rouiba non par incompétence mais parce qu’ils ne sont pas motivés », a ainsi expliqué Othmani. Il souligne qu’il existe tout un mécanisme de motivation et de rémunération des IOB qui, selon lui, n’est pas mis en place.

La deuxième raison a trait à ce que Othmani qualifie de « double discours » du gouvernement. Le premier est celui de sa volonté présumée de dynamiser la Bourse. L’autre, est son entêtement à ne pas laisser les institutionnels publics investir à la bourse. « La bourse d’Alger doit normalement fonctionner avec les banques et les compagnies d’assurance ainsi que les caisses de retraite, comme dans toutes les bourses du monde. Or, ces acteurs-là sont empêchés d’activer sur la bourse surtout pour les entreprises privées. Une banque publique n’est pas autorisée à acheter des titres Rouiba alors qu’elle est IOB », affirme Othmani.

NCA Rouiba vaut trois fois la cotation du titre en bourse

D’autre part, Slim Othmani relève qu’il existe de nombreux IOB publics qui, quand un client se présente chez eux, le déconseillent d’acheter des titres de NCA-Rouiba. « On n’a jamais compris pourquoi, et nous avons des preuves », a-t-il souligné. Aussi, le banquier conseille son client en lui proposant d’acheter le titre Rouiba en inscrivant un prix bien en dessous de la cote du titre : l’explication selon M. Othmani est que le mode de fonctionnement de la Bourse d’Alger encourage la décote des titres et pas la performance.

« Cela veut dire que s’il y a plusieurs personnes qui viennent et qui disent nous voulons acheter des actions NCA Rouiba à 450 DA, le banquier va leur dire ‘’attention mettez en dessous de 450 DA’’ sous prétexte d’avoir la priorité ». Autrement dit, les acheteurs ont de la priorité que s’ils paient moins cher. Cela va à l’inverse d’un fonctionnement  normal d’une bourse, selon Othmani. Le titre a été coté à 400 DA en 2012 contre 375 DA aujourd’hui bien que l’entreprise ait réalisé des performances exceptionnelles avec un chiffre d’affaires de près de 8 milliards de DA en 2014.

D’après Othmani qui reprend le témoignage d’un haut responsable d’une grande banque étrangère en Algérie ayant eu connaissance des états financiers de l’entreprise et la cote de son titre à la Bourse d’Alger, NCA Rouiba « vaut en réalité trois fois la cotation du titre ». « En restant à la Bouse, vous êtes en train de dévaloriser votre travail », a déclaré ce responsable à Slim Othmani qui, ce faisant, exclut l’option d’un retrait de la Bourse.

La TAP, un fléau national

Le président du Directoire de NCA Rouiba relève, en outre, une contradiction du code des investissements qui prive son entreprise d’avoir un partenaire étranger dans son capital du fait qu’elle se trouve justement en Bourse. « Une entreprise privée cotée en Bourse ne peut pas aujourd’hui avoir dans son capital un partenaire étranger suivant la règle 51/49%. Par contre, si vous quittez la bourse pour une heure, vous être en mesure de faire entrer un étranger dans votre capital, ce qui est étrange », a estimé Othmani.

Par ailleurs, Slim Othmani a fait un véritable réquisitoire contre la TAP (Taxe de l’activité professionnelle) qui, selon lui est en train de détruire l’économie algérienne et pousse les grossistes- un maillon important dans le processus de mise en vente des produits- à aller vers l’informel. « C’est un fléau national, pire que le terrorisme », a-t-il fait remarquer. Selon Othmani, plus de 50% de l’économie nationale est versée dans l’informel à cause de la TAP. Il appelle à sa suppression et à imaginer d’autres mécanismes.

A noter que la NCA Rouiba a enregistré des ventes record en 2014 avec 260 millions de packs et cols produits. Son chiffre d’affaires a dépassé les 7 milliards de DA, en croissance de +17% par rapport à 2013 tirée essentiellement par le segment PET.