Pour le Président de Care, La solution et la sortie de crise pour l’économie algérienne se situent dans le « choc de confiance » que produira la mise en convertibilité du dinar et non pas dans le retours à des méthodes de gestion administratives du commerce extérieur. Pour sa première émission ‘’L’invité du direct‘’ en 2016, RadioM a reçu ce mercredi 13 janvier, le Président du conseil d’administration de NCA Rouiba, et président du think tank algérien CARE, M. Slim Othmani.

Dans un contexte marqué par la réduction des ressources financières du pays et le retours en force de la gestion administrative du commerce extérieur , c’est un credo libéral de facture très classique que Slim Othmani est venu défendre sur les ondes de Radio M. Commentant les dernières annonces relatives aux quotas d’importation fixés par le ministère du commerce pour le ciment, le rond à béton et les véhicules, le Président de Care livre un point de vue tranché : « les mesures qui ont été prises me gênent beaucoup ! Ce sont des mesures de sauvegarde, qui poursuivent des objectifs à très court-terme. Elles hypothèquent dangereusement l’avenir de notre économie ». Slim Othmani estime que le développement et la diversification de l’économie algérienne ne se feront pas à travers « les carcans des licences d’importation ou du contingentement ». La conséquence d’un tel protectionnisme produira de puissants lobbys qui feront tout pour maintenir leurs monopoles, soutient-il. Et de poursuivre : « On voit déjà des secteurs protégés, dont la production a explosé à nouveau. Si on se place dans une logique exclusive de substitution aux importations, on ne pourra pas construire une économie efficiente ». La réduction par des méthodes administratives des importations de véhicules elles-mêmes ne trouve pas grâce à ses yeux . « C’est une démarche incohérente car elle va pousser au développement du marché parallèle de l’automobile et des pièces de rechange ».

Climat des affaires : « Il faut aller plus loin ».

Pour Slim Ottmani les décisions fiscales contenues dans les dernières lois de finance vont, par ailleurs, « plutôt dans le bon sens , mais il faut aller beaucoup plus loin. ». La réduction de la taxe sur l’activité professionnelle(TAP) est « encore insuffisante. Elle doit être supprimée complètement ».« C’est une taxe qui grève la rentabilité des entreprises et constitue un puissant encouragement au développement de l’économie informelle. Tout le monde le sait au ministère des finances » affirme le patron algérien. Le Président du conseil d’administration de NCA Rouiba salue, en outre, les instructions données par l’exécutif en matière de facilitation et d’amélioration du climat des affaires « depuis la circulaire d’aout 2013 adressées à l’ensemble des administration » .Il doute cependant que cette démarche, à elle seule, puisse produire la dynamisation attendue du secteur productif algérien. A grand renfort de chiffres, il souligne la faiblesse des capacités d’accumulation du secteur productif privé national et l’insuffisance de leur accompagnement par le secteur bancaire. L’étroitesse du marché financier, qui pourrait constituer une alternative et son fonctionnement actuel, qu’il connait bien, lui inspire également des commentaires désabusés. Reste donc le partenariat international et les IDE qui sont seuls capables, selon l’analyse proposée par le Président de Care, de faire franchir à l’économie algérienne le cap de l’investissement et du saut technologique qui permettra son insertion efficace dans les courants d’échanges internationaux de produits industriels et de services.

« Le bon moment pour la convertibilité du dinar ».

Slim Otmani plaide en conséquence, à l’inverse de la démarche actuellement privilégiée par les autorités algériennes, en faveur d’ « une sortie de crise par le haut pour l’économie algérienne ». Il se dit convaincu qu’une grande part de la solution se situe dans le « choc de confiance » que produira la mise en convertibilité du dinar. « C’est le bon moment » assure t’il « nous avons les moyens de le faire ». La mise en convertibilité du dinar est une mesure qui peut redonner confiance aux algériens dans l’avenir et les potentialités de leur propre économie mais qui surtout constituera « un signal très fort » adressé à nos partenaires internationaux. Il concède qu’une telle mesure « risque bien sûr de provoquer une fuite des capitaux dans une première étape mais elle produira en sens inverse un flux d’investissement beaucoup plus important ». Le Président de Care assure que « nous avons beaucoup d’amis qui ne veulent en aucun cas voir l’économie de notre pays sombrer et qui considère au contraire qu’elle constitue un élément déterminant de la stabilité de toute la région. Ils sont prêts à investir dans notre pays à condition que nous fassions les gestes forts qui permettront de faire sauter les verrous actuels et de nous débarrasser en même temps de réglementations obsolètes comme le 51 /49 qui découragent les investisseurs internationaux ».

Extraits vidéo : http://bit.ly/1Zpgspj (part1)       Extraits vidéo : http://bit.ly/1SRNsqx (part2)