Début août 2020, l’application de réunion par visioconférence Zoom arrivait en tête des téléchargements au Etats-Unis sur Google Play (Android) et Play Store (Apple). Alors que le nombre de cas de Covid-19 évolue de manière aléatoire dans le monde, Zoom a plus que jamais le vent en poupe. Au deuxième trimestre 2020, la boite a explosé toutes les prévisions de croissance, en atteignant un chiffre d’affaires (CA) de 663,5 millions de dollars contre 500,5 millions de dollars espérés.

Fondée par Eric S. Yuan, ex-vice-président ingénierie de WebEx (un autre outil de visioconférence), la société américaine basé à San Jose, Californie, a levé pas moins de 145,5 millions de dollars depuis sa création en 2011.

La valeur de l’action de Zoom Video Communications, cotée sur le marché boursier américain des valeurs technologiques (Nasdaq), atteignait le 28 septembre dernier son plus haut niveau en 5 ans. Au 31 août 2020, zoom a terminé les échanges à la clôture de la Bourse au 31 août 2020, en hausse de 22,85%.

Par ailleurs, son bénéfice net par action a atteint 92 centimes de dollars, soit plus du double de ce que prévoyait le consensus des analystes. Quant aux revenus, ils sont en hausse de 355% comparés à ceux de la même période en 2019. Au terme du premier trimestre, la croissance annuelle du chiffre d’affaires était de seulement 168%.

Quelle est la recette d’un tel succès ?

Réussir une progression aussi fulgurante et rapide d’une application de visioconférence, qui plus est évoluant dans un environnement des plus concurrentiels et des plus instables, n’est chose aisée.

Et bien que la crise sanitaire engendrée par la propagation de la pandémie Covid-19 y est pour beaucoup dans cette « success story » économique, l’utilisation de cette solution a littéralement explosé en période de confinement, du fait des restrictions sur les voyages et les déplacements, notamment à l’international.

Selon le Journal du Net (JDN), cette tendance  s’explique à la fois par l’utilisation de l’application de visioconférence pour le télétravail, qui est passé du stade de process de secours à celui de pratique professionnelle à par entière, mais également pour des usages grand public type célébrations d’évènements virtuels. 

Zoom a enregistré un record de trafic en avril 2020. Sur les trois premières semaines du mois, la société californienne enregistre en moyenne 300 millions de participants par jour à des meetings organisés sur sa plateforme, contre 200 millions en mars. En décembre 2019, ce chiffre s’élevait à 10 millions. Durant la période avril-Août, Zoom affichait un nombre de participants en hausse de 3000%.

A en croire le JDN, l’un des principaux ingrédients de cette réussite réside dans la la version gratuite de l’application ciblant un grand public. elle permet un nombre de meetings illimité. Les réunions sont néanmoins plafonnées à 100 utilisateurs maximum et surtout à une durée de 40 minutes.

Des forfaits payants sont évidemment disponibles pour les entreprises, selon la taille de l’organisation et les besoins en matière de réunions et de vidéoconférences, pouvant atteindre une capacité de 1000 participants par réunion.

L’autre argument avancé est celui de la facilité d’utilisation. Arborant une ergonomie simple et moderne, Zoom recouvre les principaux cas d’usage de la web conférence, du chat et la réunion en ligne au séminaire digital pouvant accueillir jusqu’à 10 000 participants. Zoom permet de créer une salle virtuelle avec la vidéo des participants en mosaïque. Les utilisateurs peuvent y interagir aussi bien depuis leur ordinateur que depuis leur tablette ou leur smartphone.

Outre les diverses fonctionnalités collaboratives qui donnent accès au partage d’écran pour réaliser des présentations ou travailler sur des fichiers des tableurs par exemple, les participants à une réunion ont aussi la possibilité de communiquer par le biais d’une messagerie instantanée en marge des meetings en visio.

Le succès de Zoom aura-t-il raison des voyages d’affaires ?

Les opérateurs de tourisme d’affaires affichent leurs craintes quant aux changement des habitudes de consommation de leur clientèle cible. Aujourd’hui à l’arrêt, la filière des voyages d’affaire tremble littéralement à l’idée qu’un certain nombre de patrons et d’homme d’affaires font part de leur intention de réduire les déplacements professionnels. Idem pour l’activité de location de bureaux ou d’espaces de travail, qui ne voit pas d’un bon œil la progression des services de réunions virtuelles, même si celle si reste pour le moment conjoncturelle.

En juin dernier, une étude évoquée par le journal suisse Le Temps, indiquait que 91% des patrons des 50 plus grandes entreprises des USA entendent profiter des nouveaux outils technologiques, avec à leur tête l’application Zoom.

En confédération helvétique, le Directeur général des laboratoires Roche a déclaré en mai dernier, qu’il n’envisageait pas un retour à la normal dans ce secteur d’activité.

Mais, pour mémoire, en mars et avril 2020, à la suite de nombreux incidents de zoombombing (une intrusion non désirée et perturbatrice généralement effectuée par des pirate informatiques), Zoom fut fortement critiqué sur les aspects de sa sécurité et du non-respect de la vie privée de ses utilisateurs, forçant l’entreprise à revoir ses politiques de privacy et de chiffrement de bout en bout.