Autrefois florissante, l’industrie algérienne du textile, de l’habillement et du cuir a longtemps été écrasée par la concurrence étrangère notamment de la Chine et de la Turquie. Aujourd’hui, les pouvoirs publics lui accordent une nouvelle attention avec en ligne de mire la reconquête du marché local et la conquête dans une deuxième phase des marchés internationaux.

Pour augmenter les capacités de production de ce secteur essentiellement constitué d’entreprises publiques, d’importantes mesures de soutien à la relance et modernisation ont été prises, à travers un assainissement financier de 40 milliards de DA et d’un accompagnement à l’investissement dont l’enveloppe financière globale de 21 milliards de DA.

Ces mesures d’encouragement et de soutien ont conduit à la mise en place d’un plan de développement dont les principaux objectifs sont la consolidation des marchés institutionnels, la reconquête du marché local et la conquête dans une deuxième phase des marchés internationaux, selon Mokrane Zerrouki,  PDG du groupe public GETEX. Ce plan vise aussi la promotion de partenariats industriels et technologiques.  A cet effet, le groupe GETEX (EPE C&H et TEXALG) a conclu selon la règle des 51/49%, un partenariat avec le turc TAYPA  ayant a conduit à la réalisation d’un pôle industriel des textiles, dénommé Tayal, implanté à Sidi Khettab dans la wilaya de Relizane.

La première usine de filature du complexe a démarré sa production le 15 mars 2018. Les filés sont destinés à l’exportation conformément aux engagements du partenaire.

Cette usine de production de filature Denim et non Denim (toile et coton) d’une capacité de 30 millions de mètres/an représente dans une première phase, 714 millions de dollars d’investissement, 8 usines de textile et de confection totalement intégrées, un centre de formation, un centre d’affaires, 23 milliards de DA de chiffre d’affaires en régime de croisière, une exportation de 60 % du chiffre d’affaires et la création de 10.000 postes de travail.

La deuxième phase du projet prévoit la création d’une dizaine d’usines pour la production de fibre synthétique, linge de maison, articles chaussants et accessoires pour la confection (boutons, fermetures à glissière…) et employant 15.000 travailleurs.

À travers le Groupe GETEX, actionnaire majoritaire dans l’usine de Relizane, le Ministère de l’Industrie et des Mines vise à structurer durablement l’ensemble de la filière pour voir émerger autour d’elle des TPE & PME spécialisées dans la confection et l’habillement, la tannerie et la mégisserie, la chaussure et la maroquinerie, la distribution, l’ingénierie, la formation, les études… etc. , dans toutes les branches textiles et métiers de cette industrie, a notamment déclaré le ministre de l’industrie, Youcef Yousfi.

 Organiser au préalable le marché

A l’horizon 2020, la production nationale devra, en projection, doubler en passant de 45 milliards de DA à près de 90 milliards de DA.

Cependant, pour atteindre ces objectifs, les experts recommandent d’organiser au préalable le marché par la prise de mesures de protection douanières et la mise en place des règlements techniques et des normes et installer, en parallèle, des laboratoires d’évaluation de la conformité permettant de protéger la production nationale de ce secteur contre les produits importés de qualité inférieure. A côté, la filière est appelée à se doter d’un réseau de services aux entreprises qui devra répondre aux besoins