Total Anadarko
Le géant pétrolier français, Total, a annoncé son intention de renforcer sa présence en Algérie, à travers l’acquisition des actifs d’Anadarko en Afrique.

Dans un communiqué publié ce lundi, Total annonce la signature d’un accord ‘’engageant’’ avec Occidental en vue de l’acquisition des actifs d’Anadarko en Afrique (Algérie, Ghana, Mozambique et Afrique du Sud) pour un montant de 8,8 milliards de dollars.

Le P-DG de Total, Patrick Pouyanné, a indiqué à ce propos que l’acquisition d’Anadarko par Occidental offre à sa compagnie « l’opportunité d’acquérir un portefeuille d’actifs de classe mondiale en Afrique, ce qui renforcerait sa position de leader parmi les sociétés privées internationales sur le continent ».

« Nous deviendrions opérateurs d’actifs pétroliers majeurs en Algérie dans lesquels nous sommes déjà partenaires », a-t-il ajouté.

Selon Ali Aissaoui, ancien conseiller au ministère de l’Énergie, « les actifs qui seraient cédés à Total en Algérie correspondent à la participation de 24,5% d’Anadarko dans le bassin de Berkine (champs de Hassi Berkine, Ourhoud et El Merk), dans lesquels Total détient déjà une participation de 12,25% suite à son acquisition de Maersk Oil il y a un an.

Il indique que la production actuelle de ces champs est estimée à 320 kbep/j de pétrole, pour une capacité de 400 kbep/j.

Pour Ali Aissaoui, si cette acquisition de Total se réalisait, « ceci renforcerait considérablement la position de Total en Algérie et pourrait avoir des implications dépassant la simple sphère pétrolière ».

Chakib Khelil a bradé les actifs de la Sonatrach en 2003

Dans le contexte de l’OPA de Chevron sur Anadarko et la surenchère subséquente d’Occidental, l’ancien conseiller au ministère de l’Énergie nous indique que Sonatrach avait des actions dans Anadarko, « mais elle n’en a plus aujourd’hui ».

En effet, dans le début des années 2000, au lieu de monter dans le capital d’Anadarko, une compagnie qui prenait d’année en année plus de valeur avec ses actifs, notamment en Algérie (gisements de Hassi-Berkine ), Sonatrach a décidé de vendre les actions d’Anadarko à partir de 2003.

Sonatrach détenait à cette époque 12 millions d’actions d’Anadarko. Mais en mars 2003, le conseil d’administration de Sonatrach décide de vendre les actions détenues dans cette compagnie et de constituer à partir du fruit de cession un portefeuille de titres diversifié.

Chakib Khelil était à cette époque le premier responsable du secteur et P-DG de Sonatrach depuis 2001.

La nouvelle loi sur les hydrocarbures… la clé ?

Dans sa lettre adressée au personnel de Sonatrach, à l’occasion du 1e mai, le nouveau P-DG de la compagnie nationale a mis l’accent sur le partenariat avec les compagnies internationales, désirant investir en Algérie.

Pour Ali Aissaoui, ce message, qui n’apporte rien de nouveau, ne fait que reprendre un leitmotiv qui risque de lasser ceux à qui il est destiné.

Mais ce qui pourrait changer les choses, selon Aissaoui, c’est une vision claire et précise sur la politique énergétique du pays.

Pour lui, « le ministre de l’Energie doit clarifier rapidement la politique énergétique du gouvernement de transition auquel il appartient, et apporter des éclaircissements sur le devenir du projet de loi sur les hydrocarbures en tant qu’instrument clé de cette politique ».

« Mais peut-il le faire ? », s’est-il interrogé. « Hélas désormais sans cette loi le partenariat si cher à Sonatrach ne serait que simple rhétorique », a conclu Ali Aissaoui.