Photo Ali Haddad
Ali Haddad, Laid Benamor, Mohamed Bairi, Abdellali Blikaz seraient impliqués dans des activités économiques « illégales » et tous les quatre liés, directement ou indirectement, à l’affaire du « Boucher » qui serait le coordinateur des opérations de transfert illégal de devises à l’étranger.

Après les « révélations » du quotidien Liberté, corroborées par certaines indiscrétions du sérail, Ali Haddad et Laid Benamor ont régi en démentant être soumis à des enquêtes judicaires pour transfert illégal d’argent. Contacté par Maghreb Emergent, le président du FCE et néanmoins P-DG de l’ETRHB, Ali Haddad a rejeté en bloc les accusations qui sont portées contre lui.

«  Les accusations qu’on profèrent à mon encontre ne sont que des spéculations. Je ne fais l’objet d’aucune enquête judicaire ni en Algérie ni ailleurs. Je ne suis concerné ni de près ni de loin par cela », affirme-t-il. Même son de cloche du côté de Laid Benamor, président de la CACI (Chambre algérienne du commerce et d’industrie) et patron du Groupe Amor Benamor.

En, effet, lui aussi rejette les accusations qui sont portées contre lui en disant ne pas en être au courant.  A notre question sur son éventuelle mise sous enquête judicaire, M. Banamor a répliqué en disant être surpris par la nouvelle.

« Vous me surprenez. C’est vous qui m’apprenez cette nouvelle. Je ne suis au courant de rien. A l’heure où je vous parle, je ne suis concerné par aucune enquête de quelque nature que ce soit », assure-t-il.  Quant à Mohamed Bairi, P-DG du Groupe Ival, Abdellali Blikaz, homme d’affaires plutôt discret né dans le giron du Général Betchine dont les noms nous été donnés comme étant impliqués dans des opérations de transfert illégal d’argent à l’étranger, nous avons tenté de les joindre à plusieurs reprises mais vainement.

« L’argent sale phagocyte la politique »

Selon une information en partie donnée par le quotidien Liberté il y a quelque jours  et qui nous a été confirmée par une source très proche des services de sécurité, une dizaine de pontes du FCE ferait l’objet d’enquêtes judicaires liées à des transferts illégaux de devises à l’étranger mais aussi en rapport avec le scandale  dont le nœud gordien est Kamel Chikhi, dit « Le Boucher ».

Ainsi, selon notre source, « Ali Haddad, patron de l’ETRHB, Laid Benamor, patron du Groupe Amor Benamor, Mohamed Bairi, P-DG du Groupe Ival, Abdellali Blikaz, homme d’affaires et d’autres moins connus sur la scène publique font l’objet, depuis quelques semaines, d’enquêtes judiciaires dans le cadre d’une opération d’assainissement de la sphère économique que les hautes autorités du pays, les services de sécurité en premier lieu, jugent « dangereusement infestée ces derniers temps par toutes sortes d’activités illégales ».

« Les atteintes aux lois de la République ont atteint des proportions si dangereuses que c’est la sécurité de l’Etat qui est aujourd’hui mise en cause. Les mafias les plus réputées sur la planète n’ont pas osé un coup comme celui des 710 kilos de cocaïne. Chez nous, ce sont des opérateurs économiques qui ne sortent pas des bureaux des ministères qui y sont impliqués. Visiblement, il n’est plus suffisant de parler de collusion entre l’argent sale et la politique mais de phagocytage  de la politique par l’argent sale», assure notre source qui parle d’un coup de balai dans la sphère économique.

« Le Boucher coordonnerait les transfert d’argent à l’étranger »

« Ali Haddad, Laid Benamor, Mohamed Bairi, Abdellali Blikaz seraient tous liés, directement ou indirectement, à l’affaire du Boucher qui serait le coordinateur des opérations de transfert illégal de devises à l’étranger. Mais pas seulement.

Selon nos informations, Laid Benamor serait associé dans deux projets avec Kamel Chikhi », affirme encore notre source qui précise néanmoins que le cas Abdellali Blikaz, qui était hyperpuissant du temps de Liamine Zeroual grâce à ses accointances avec le général Betchine, serait à lui seul « une gigantesque machine de  prédation ».

« Abdellali Blikaz serait en train de s’accaparer plusieurs terrains, y compris le patrimoine public, pour construire des hôtels et des promotions immobilières à Alger, Constantine, Annaba et Oran. D’énormes facilités, totalement injustifiées, lui seraient accordées par les walis de ces villes», ajoute également notre source.

Notre source indique, par ailleurs, que tous ces patrons auraient des biens à l’étranger alors que leurs activités économiques sont basées en Algérie. « Comment ont-ils pu acquérir des bien à l’étranger », s’interroge-t-on en réitérant la thèse selon laquelle « il y aurait transfert illégal de devises à l’étranger, transfert par ailleurs reconnu par les services statistiques de l’Etat, et qu’il y aurait un couloir spécifiquement dédié à ce type d’opérations et dont le boss serait Kamel Chikhi mais sans doutes d’autres noms jusque-là méconnus du grand public ».

Chose certaine, conclut notre source : « il est impossible que des sommes énormes soient transférées à l’étranger d’une façon aléatoire. Il y a nécessairement une organisation derrière dont des agents de l’Etat seraient sans nul doute partie prenante».