Pour la plupart des experts nationaux, les réponses passent aujourd’hui par la remise en cause du modèle rentier

Le manque de transparence du gouvernement dans la gestion du secteur de l’énergie suscite une vive polémique en Tunisie. La campagne « Winou el pétrole ? » lancée il y a quelques jours a envahi la Toile tunisienne. Les promoteurs de cette initiative « citoyenne » avant qu’elle ne soit récupérée par certains partis et personnalités politiques demandent au gouvernement de faire preuve de transparence dans la gestion du secteur.

 

Les initiateurs de la campagne « Winou el pétrole ? » reprochent au gouvernement d’avoir « caché » la réalité du sous-sol qui regorge, selon eux, de richesses qui devraient permettre à la Tunisie de satisfaire ses besoins énergétiques. Ils dénoncent la « corruption » dans ce secteur et accusent le gouvernement d’avoir bradé les richesses aux compagnies pétrolières étrangères.

Les promoteurs de cette campagne appellent à la mobilisation générale pour la nationalisation du pétrole. Car, selon eux, les sociétés pétrolières étrangères en activité en Tunisie font payer le pétrole extrait à son prix sur les cours pétroliers mondiaux.

Plusieurs personnalités politiques de l’opposition notamment se sont exprimées sur le sujet. L’ancien président de la Tunisie, Moncef Marzouki s’est aussi mêlé de la partie en appelant à faire l’état des lieux des ressources énergétiques du pays avec la mise en place d’une commission d’enquête transparente.

« La Tunisie n’est pas un pays pétrolier »

Le député membre d’Afek Tounes et membre de la commission de l’industrie, de l’énergie, des ressources naturelles, de l’infrastructure et de l’environnement à l’ARP, Riadh Mouakher, a qualifié la campagne « Winou el pétrole ? », de « campagne politique ».

Le Directeur général de l’énergie au ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, Ridha Bouzaouada a dû intervenir mettre fin à cette polémique qui enfle de plus en plus. Invité par la radio Shems FM, Ridha Bouzaouada a affirmé que la « Tunisie n’est pas un pays pétrolier ».

Chiffres à l’appui, il a précisé que la Tunisie produit 55 000 barils de pétrole par jour, soit 1% de ce que produit l’Algérie. Ridha Bouzaouada a annoncé que «le nombre des puits de pétrole découverts en Tunisie depuis 1932 est de 750 puits, toutefois, les puits en cours d’exploitation ne dépassent pas les 39 ». De plus, a-t-il précisé, lors des opérations de recherches de nouveaux gisement le taux de découvertes réussies ne dépasse pas les 10%.

Ces chiffres ne convainquent pas. Ils sont jugés non crédibles par les partisans de la campagne « Winou el pétrole ? » qui demandent une commission d’enquêtes pour faire la lumière sur ce secteur qui a par ailleurs perdu de son attractivité auprès des investisseurs étrangers.