La dévaluation du dinar a doublé le stock de la dette publique extérieure, qui est passé de 29,9 milliards de dinars en 2015 à 60,2 milliards de dinars en 2018 (un dinar vaut environ 0,33 dollar), a-t-on appris dimanche auprès de l’observatoire national de l’économie, se référant à une analyse relative au mois de juin 2019.
« Depuis 2016, la contribution de la dévaluation du dinar à l’augmentation de la dette publique a explosé pour atteindre la somme de 9,5 milliards de dinars, uniquement en 2018, soit cinq fois plus que le déficit budgétaire, la même année », précise cette analyse.
Auteur de l’analyse, Chafik Ben Rouine, pense que « la dévaluation de la monnaie nationale est le contributeur essentiel à l’augmentation de la dette publique à laquelle s’ajoutent les intérêts de la dette, à partir de 2018 ».
« Les efforts des autorités devraient se concentrer cinq fois plus sur la stabilisation du dinar que sur l’austérité budgétaire, laquelle contribue moins à l’augmentation de la dette publique que les seuls intérêts de la dette », a expliqué M. Ben Rouine dans une déclaration de presse en la matière.
Se basant sur des données du ministère des Finances, l’analyste tunisien estime que les trois causes de la hausse incessante de la dette publique, à partir de 2016, sont le déficit budgétaire, les intérêts de la dette ainsi que l’effet de change.