Ghariani et Zouari, les deux ex hommes forts du régime déchu ont bénéficié de la levée d’interdiction de voyage

Abderrahim Zouari, l’ancien ministre du transport  sous l’ère Benali a été inculpé de détournement de fonds publics et d’abus de pouvoir et financement illicite du parti du RCD dissous. On lui reproche notamment d’avoir favorisé Imed Trabelsi, dans l’obtention de marchés publics.

 

La cour d’accusation  du tribunal de première instance de Tunis a approuvé mardi la levée de la décision d’interdire de voyage sur Abderrahim Zouari l’ancien ministre du transport  sous l’ère Benali ainsi que Mohamed Ghariani, tous deux anciens secrétaires généraux du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) du président déchu Zine Al Abidine Benali inculpé, a rapporté jeudi dernier la télévision Attounissia, information reprise par plusieurs sites tunisiens. 

Abderrahim Zouari, ex homme fort du régime déchu a été inculpé de détournement de fonds publics et d’abus de pouvoir et financement illicite du parti du RCD dissous. On lui reproche notamment d’avoir favorisé Imed Trabelsi, le neveu de Leïla Ben Ali l’ancienne première dame de Tunisie, dans l’obtention de marchés publics, notamment à La Goulette, dont le même Trabelsi était le maire. Des accusations qui lui ont valu de la prison en avril 2011. Il est l’un des plus anciens ministres sous l’ancien régime et avait été à la tête des ministères de la Justice, de la Jeunesse et de l’Enfance (ancienne appellation), des Affaires étrangères, de la Jeunesse et des Sports (nouvelle appellation), de l’éducation, du Tourisme et de la Artisanat, et enfin du Transport. Il avait, en outre, occupé le poste de secrétaire général de l’ex parti au pouvoir, pour deux périodes, entre 1988 et 1991, et 1999 et 2000. En septembre 2013, l’ancien ténor du RCD est revenu à la politique à travers le Mouvement Destourien en tant que membre de l’instance politique.

Zouari et l’affaires des « listes d’avocats »

En mai 2014, le président du Mouvement Destourien, Hamed Karoui, a appelé le chef du gouvernement provisoire Mehdi Jomâa à trouver une solution au dossier des hommes d’affaires interdits de voyage sans pour autant affecter les procédures judiciaires engagées contre eux. Hamed Karoui a estimé que la dissolution du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et de la direction de la sûreté de l’État était une grave erreur. Le 10 décembre 2011, le juge d’instruction près du Tribunal de Première Instance de Tunis a entendu Abderrahim Zouari, dans le cadre de l’affaire concernant «les listes d’avocats» établis à la demande du président déchu et ce en raison de sa présence, en sa qualité de Secrétaire Général du RCD, lors de la réunion qui s’est tenue à la Présidence courant du mois de juillet 2000 pour débattre de la question.

Abderrahim Zouari a nié toute participation dans l’élaboration de telles listes et avoir donné des instructions pour l’exclusion d’aucun avocat, et ce, pour des raisons à la fois déontologiques du fait de son appartenance à la profession et idéologiques. Le cas Abderrahim Zouari n’est pas un précédent au Maghreb. En Libye, l’ex-Premier ministre Libyen, Ali Zidan, avait été mis sous le coup d’une interdiction de voyage en mars 2014. L’interdiction de voyage a été émise en raison de son implication présumée dans une affaire de détournement de l’argent public.