Le nouveau chef du gouvernement tunisien, Elyes Fakhfakh, ainsi que les membres de son cabinet ont prêté serment ce jeudi au palais présidentiel de Carthage (banlieue nord de Tunis) face au chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a pu constater un correspondant de Xinhua.

Composé de 30 ministres et deux secrétaires d’Etat, le nouveau gouvernement tunisien a réussi à obtenir, tardivement dans la soirée de mercredi à jeudi, la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple (Parlement) avec 129 voix favorables sur les 217 possibles.

« C’est un moment historique que nous sommes en train de vivre après une lutte difficile et pénible, mais ce moment est finalement venu où le nouveau gouvernement a pris ses fonctions », a souligné M. Saïed en marge de la cérémonie de prestation de serment.

En réaction à certaines interventions lors du débat précédant le vote de confiance, le président Saïed a insisté sur le fait que « le gouvernement est celui du chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, qui n’est pas un Premier ministre, contrairement à ce que pensaient certains ».

M. Saïed a saisi l’occasion pour mettre en exergue la nécessité de faire la différence entre la stabilité du gouvernement et la stabilité politique de tout le pays, tout en pointant du doigt le plus grand défi auquel le nouveau gouvernement est confronté, à savoir la dimension économique et sociale.

Dans ce sens, le président tunisien a appelé chacun, notamment les nouveaux ministres, à « mener la bataille avec une volonté nationale sincère, car ce sera une bataille ardue et de longue haleine, et à s’attaquer au problème de la corruption qui s’est propagé dans tous les secteurs ».

Par ailleurs, le président Saïed a reconnu les efforts déployés par le gouvernement sortant de Youssef Chahed, qui a assuré la gestion des affaires courantes du pays pour plus de quatre mois.

« Malgré les lacunes, faux pas et tiraillements ayant teinté la phase de formation du gouvernement, depuis la première désignation le 15 novembre 2019, l’Etat existait toujours avec un fonctionnement naturel de tous ces rouages publics », a assuré M. Saïed.

Il a conclu que « la Tunisie, tout comme partout dans le monde, vient d’entamer une nouvelle étape de l’histoire (…) les peuples inventaient des nouvelles approches pour la pratique politique en harmonie avec leurs aspirations ».

Officiellement, la passation de pouvoir entre le nouveau gouvernement de M. Fakhfakh et son prédécesseur aura lieu ce vendredi lors d’une cérémonie en présence des ministres sortants et de leurs successeurs respectifs, a appris Xinhua auprès de la présidence du gouvernement de gestion des affaires courantes.

Le nouveau gouvernement tunisien comprend six femmes, deux secrétaires d’Etat et quatre ministres, et il se caractérise par une remarquable présence d’indépendants (presque 38%), alors que l’âge moyen de ses membres oscille autour de 53 ans.