La production de pétrole et de gaz dans les champs situés à Tataouine et Kébili au sud de la Tunisie est à l’arrêt. Et pour cause, les mouvements de protestation qui paralysent ces deux régions depuis deux mois.

 

« Aujourd’hui nous sommes dans une situation où toute la production (de pétrole et de gaz) est pratiquement à l’arrêt », a indiqué la ministre de l’Energie, Hela Cheikhrouhou à Shems FM.

« Ayant des répercussions néfastes directement sur l’économie nationale, ces sit-ins engendrent l’arrêt de la production, d’où l’aggravation du déficit commercial dû à un manque à gagner de 24 millions de dinars par semaine », précise le ministère dans un communiqué.

Selon la même source, les champs pétroliers situés dans les deux provinces de Tataouine et Kébili assurent 46% de la production pétrolière nationale et 27% de la production de gaz. Le champ pétrolier de Nawara, qui traverse le sud tunisien, produira 2,7 millions de mètres cubes de gaz par jour en 2018, soit 17% de la production nationale.

Le 10 mai, le président Béji Caïd Essebsi a demandé aux militaires de protéger les sites de production des mouvements sociaux susceptibles d’empêcher leur exploitation. La Tunisie peine à relancer son économie, durement affectée par l’instabilité qui a suivi la révolution de 2011.

« L’arrêt de la production dans les gouvernorats de Tataouine et Kébili a des conséquences directes sur l’économie nationale et contribue à l’aggravation du déficit commercial », a mis en garde le ministère de l’Energie dans un communiqué, ajoutant que le secteur des carburants était « dans une situation critique ».

« Le gouvernement pourrait se trouver obligé d’augmenter les prix des carburants suite à l’arrêt de la production à Tataouine », a mis en garde le ministre de l’Emploi Imed Hammami, chargé des négociations avec les protestataires d’El-Kamour, ajoutant  que toute suspension poussera la Tunisie à importer du pétrole.