« En dépit de la tendance désinflationniste qui s’est installée au cours des derniers mois grâce, notamment, à une politique monétaire restrictive, aussi bien l’inflation globale que l’inflation sous-jacente demeurent encore sur des paliers historiquement élevés ne favorisant pas un rétablissement imminent des équilibres macroéconomiques globaux”, souligne la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans sa note conjoncturelle publiée mardi 3 septembre.
Ainsi, les récentes prévisions à moyen terme de l’Institut d’émission ont revu légèrement à la baisse le taux d’inflation attendu pour l‘ensemble de l’année 2019, à 6,9% après 7,3% en 2018.
“On s’attend à ce que l’atténuation graduelle de la hausse des prix se poursuive entre 2020 et 2021, pour atteindre en moyenne 6,5% et 5,9% respectivement”, ajoute la BCT dans sa note sur ” les évolutions économiques et monétaires et perspectives à moyen terme ” d’août 2019.
Selon l’institut d’émission, par principale composante, l’inflation des produits administrés devrait se maintenir à des niveaux supérieurs à son niveau habituel de 3%, poussée notamment par le relèvement des prix de l’énergie et des tarifs publics.
Quant à l’inflation des produits alimentaires frais, la baisse de l’offre de plusieurs produits, notamment les légumes, et la hausse des coûts de production et de distribution (dont une grande partie des intrants est importée) maintiendraient les pressions sur les prix.
Les prévisions tablent sur une hausse des prix des produits frais de 9% en 2019, puis 7% en 2020 et 5,5% en 2021.
L’inflation sous-jacente, mesurée par l’indice des prix à la consommation hors produits frais et produits à prix administrés, serait de 7,6% en 2019, après avoir atteint un record historique de 8,2% en 2018, et ce avant de décélérer graduellement pour s’établir à 7,3% en 2020 et à 6,8% en 2021.
Comparativement aux précédentes projections, les nouvelles prévisions ont revu à la baisse les perspectives du taux d’inflation, à cause de l’appréciation du taux de change du dinar durant les derniers mois.
La décélération graduelle de l’inflation sous-jacente, en perspectives, serait soutenue également par le rythme modéré de la demande de consommation et l’orientation restrictive de la politique monétaire.
” La Banque centrale resterait regardante quant à l’évolution de l’inflation au cours de la période à venir, et ne ménagerait aucun effort pour assurer son retour à des niveaux soutenables, en usant de tous les instruments à sa disposition “, lit-on dans cette note.
La tendance désinflationniste graduelle amorcée depuis quelques mois s’est poursuivie en juillet 2019 avec un taux d’inflation qui ressort à 6,5% en glissement annuel contre 6,8% un mois auparavant. Cette décélération a résulté de celle de l’inflation des produits manufacturés (+7,7% après +8,3%) et dans une moindre mesure, de l’inflation des services (+5,2% après +5,8%).
En revanche, les prix des produits alimentaires se sont affermis par rapport à juin 2019 (+6,5% après +6,0%).